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PortugalIl refuse de payer ses impôts pour sauver sa famille

Un Portugais âgé de 46 ans, au chômage depuis deux ans et qui ne touche plus d'allocation, a annoncé qu'il ne payerait plus ses impôts tant qu'il n'aurait pas retrouvé de travail, afin de pouvoir nourrir sa famille.

Photo d'illustration.

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AFP

Dans une lettre au Médiateur de la Justice, Alcides Santos a déclaré ne plus pouvoir en même temps payer ses impôts et nourrir ses deux fils et qu'il avait choisi de donner la priorité à ses enfants.

"Je suis obligé de le faire [ce choix]. Dès que je pourrai toucher une forme de revenu, je paierai mes impôts dans la mesure du possible", a écrit cet informaticien.

"Avec cette lettre je souhaitais rendre mon cas public, rien de plus. Je ne m'attends pas à ce qu'on m'autorise à ne plus payer mes impôts. J'assumerai ma décision face à l'Etat", a déclaré, mercredi, Alcides Santos tout en précisant qu'aucun représentant de l'Etat n'était encore entré en contact avec lui.

Article de la Constitution

Le chômeur a justifié sa décision en s'appuyant sur un article de la Constitution, selon lequel "toute personne a le droit de résister à un ordre qui porte atteinte à ses droits".

Dans sa lettre, Alcides Santos accuse le gouvernement de mener une politique de "promotion du chômage" et de ne pas respecter le "droit au travail".

Il y a quelques mois, le chômeur avait trouvé un "petit boulot", payé 750 euros, un revenu qu'il avait déclaré et dont il doit actuellement le tiers au fisc.

Alcides Santos, qui vit avec sa femme et ses deux fils à Moita, à une trentaine de kilomètres au sud de Lisbonne, gagnait 2200 euros par mois lors de son dernier emploi et touchait 1150 euros d'allocation chômage jusqu'au mois dernier.

La famille dépend désormais du salaire mensuel de 600 euros que touche sa femme, opératrice dans une centrale d'appel, et dont la plus grande partie sert à rembourser l'emprunt de la maison, à hauteur de 400 euros par mois.

Le gouvernement portugais a décrété une hausse généralisée des impôts pour l'année 2013, dans le cadre de sa politique d'austérité qui a aggravé la récession et le chômage qui touche actuellement près de 17% de la population active.

(AFP)

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