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ValaisIl risque sa vie pour un chien

Un promeneur valaisan de 46 ans a sauté dans les eaux glaciales de la Dranse, à Martigny, afin de porter secours à un labrador qui se noyait.

par
Benjamin Pillard
Sans aide, le secouriste improvisé n'aurait pas été à mêmede sortir de la rivière avec l'animal, estime le commissaire de la police municipale.

Sans aide, le secouriste improvisé n'aurait pas été à mêmede sortir de la rivière avec l'animal, estime le commissaire de la police municipale.

Leserreporter

Une échelle télescopique de près de quatre mètres, déployée dans une rivière au fort courant et sécurisée par un agent de police. Sur le premier barreau, un individu en short bariolé et T-shirt, tenant fermement une sangle de montagne retenue par deux promeneuses. Au bout de la sangle violette, un labrador noir, les pattes contre l'imposant muret rocheux. «L'homme essayait de le rassurer», rapporte notre lecteur-reporter, à l'origine de cette photo chargée d'émotion. «La rivière était haute à cause de la fonte des neiges due au foehn. A sa place, je n'aurais pas sauté!»

Corde fournie par un citoyen

Le scénario catastrophe s'est déroulé mercredi peu après 19 h à Martigny (VS), au bord de la Dranse. Les températures étaient estivales avec quelque 27 degrés. Une sensation de chaud renforcée par le vent sec, qui a vraisemblablement décidé le canidé à se rapprocher du cours d'eau. «Je crois difficilement qu'il ait sauté du muret de 3 mètres de haut, analyse le commissaire de la police municipale, Frank Beretta. Il doit plutôt avoir été emporté par le courant après avoir fait trempette depuis la petite plage en amont.» Les agents ont décrit l'animal comme étant «à bout», complètement immergé dans l'eau. Paniqué. «Il se débattait et tremblait de froid, ses muscles se sont tétanisés», détaille le commissaire.

C'est alors que le promeneur riverain de 46 ans s'est aventuré dans la rivière, profonde près de la berge d'une quarantaine de centimètres, pour retenir le chien. En nombre sur les rives, les promeneurs ont été plusieurs à alerter la police, aussi bien municipale que cantonale. «Ce brave concitoyen a carrément sauvé la vie du labrador», salue Frank Beretta, qui s'apprête à adresser une lettre de félicitations au sauveteur. Mais, s'il loue le geste, le chef policier ne l'encourage pas: «En plus du risque de choc thermique, la Dranse change rapidement de niveau. Si le citoyen avait perdu pied, il aurait eu vite fait de se heurter contre les rochers. Une vie humaine ne vaut pas une vie d'animal.»

De toute façon, le quadragénaire n'aurait pas été à même de sauver le chien seul. «On ne peut pas sortir du lit de la rivière sans aide externe. Ou alors il faut lâcher l'animal.» Dans les faits, l'homme a pu compter sur un autre citoyen qui est arrivé avec les cordes de montagne, ce qui a permis aux agents de le sécuriser. Les cas de maîtres prenant des risques pour secourir leur chien sont légion, mais l'issue est le plus souvent tragique. Il y a trois semaines, une femme de 55 ans mourait en voulant aider son mari qui avait plongé dans un ruisseau pour sauver leur animal.

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