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SIGNALISATION DÉFAILLANTEIl se bat et s'évite 3 mois sans permis

Un ex-député neuchâtelois a obtenu gain de cause sur l’essentiel après s’être fait flasher à 77 km/h sur un tronçon en localité dénué de panneau.

par
Benjamin Pillard
Avant de se rendre au Tribunal neuchâtelois du Littoral, le retraité (à dr.) a obtenu que le juge unique, Bastien Sandoz (2e depuis la gauche), constate lui-même la configuration des lieux de l’infraction contestée.

Avant de se rendre au Tribunal neuchâtelois du Littoral, le retraité (à dr.) a obtenu que le juge unique, Bastien Sandoz (2e depuis la gauche), constate lui-même la configuration des lieux de l’infraction contestée.

Jean-Guy Python

Neuchâtel, quartier de Serrières, à l’entrée ouest de la ville. Le secteur compris entre la fin du quai Max-Petitpierre et le quai Philippe-Suchard est particulièrement confus en termes de signalisation routière depuis l’inauguration il y a quatre ans du tunnel de l’A5 (800 m de long). En particulier lorsqu’il s’agit de s’engager dans la petite galerie construite dans la foulée au-dessus dudit tunnel de Serrières, afin de maintenir un accès au village d’Auvernier par la route du Lac, ainsi qu’au site du cigarettier Philip Morris. «On ne se sent pas en localité»

En y accédant depuis le quai Philippe-Suchard comme depuis la rue Martenet, tout laisse à penser que cette route cantonale sera limitée à 80 km/h, comme avant le réaménagement de la place. Seulement voilà: l’an dernier, près de 1400 automobilistes se sont fait flasher sur ce tronçon de 1 km, pendant les vingt-trois heures où le radar mobile de la police cantonale a été déployé. Soit 20% des véhicules mesurés. En cause: une limitation de vitesse maintenue à 50 km/h, sur 300 m.

«On ne se sent pas en localité: il n’y a pas de passage piéton, pas de bus, pas de rue qui débouche», a déclaré Pierre*, chirurgien à la retraite domicilié à Neuchâtel, hier au Tribunal du Littoral. Une après-midi ensoleillée de février 2017, cet ex-député libéral a été flashé à 77 km/h au volant de son 4x4 Mercedes GLK.

Via sicura est formel: circuler à une telle vitesse en zone 50 constitue une violation grave de la circulation routière, entraînant une condamnation à un minimum de 20 jours-amendes avec sursis, ainsi qu’un retrait de permis d’une durée de trois mois. La sanction pénale a été prononcée il y a deux mois par le Parquet neuchâtelois: une amende immédiate de 600 fr., 470 fr. de frais de justice, et surtout une peine pécuniaire de 4000 fr. (avec sursis). «Cette charge de chauffard me pèse extrêmement lourd sur les épaules», a poursuivi Pierre face au juge unique, Bastien Sandoz. «Je suis pourtant quelqu’un qui respecte les règles, j’ai des sièges adaptés dans ma voiture quand je balade mes petits-enfants…»

Pas une faute grave

Son avocat, Me Sven Schwab, a pour sa part insisté sur l’absence de panneau à l’entrée de la galerie qui permettrait de renseigner les automobilistes sur le maintien de la zone 50, dans la tranchée couverte comme à sa sortie. Et de citer le président de la section neuchâteloise du TCS, consulté pour l’occasion: «Cet endroit pourrait aussi très bien marquer la fin de localité puisque aucune habitation ne se trouve le long du tronçon.»

«Le tribunal rejoint l’avis de l’expert: la signalisation de ce carrefour et défaillante», a décrété le juge Sandoz à l’heure du verdict. «Qui plus est, la configuration du tronçon est telle que vous n’avez pas commis de faute grave.» Seule une négligence, qualifiée de «légère», a été retenue à l’encontre du sexagénaire. Ce qui se traduira par 1000 fr. à payer pour solde de tout compte (amende et frais de justice), sans inscription au casier judiciaire. Et un avertissement du service cantonal des autos.

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