Motocyclisme - Il se passe toujours quelque chose à Assen
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MotocyclismeIl se passe toujours quelque chose à Assen

Ah les belles formules à grand-papa, qui disent notamment que, comme dans un grand magasin parisien, «il se passe toujours quelque chose à Assen!» Ce vendredi, ce fut encore le cas. Demandez-le à Marc Márquez…

par
Jean-Claude Schertenleib

Kevin Schwantz qui se brise le bassin, Michael Doohan qui évite de peu l’amputation de sa jambe droite après une terrible chute en 1992, Jorge Lorenzo qui se fracture une clavicule le premier jour des essais, qui se fait opérer dans la soirée à Barcelone et qui revient pour la course; Lorenzo, encore, qui s’envole avec sa Honda il y a deux ans, une chute qui le convaincra, quelques mois plus tard, de mettre un terme à sa carrière: le circuit Van Drenthe, à Assen, est chaque année le théâtre d’émotions fortes. Souvent douloureuses.

Ce vendredi, c’est Marc Márquez qui s’est envolé dans les airs bataves: un «highside» d’une telle ampleur, d’une telle hauteur, comme on n’en voyait plus depuis le temps des «monstres» 500 à moteur deux-temps, avant l’arrivée de l’électronique. La scène s’est déroulée dans les premières minutes de la seconde séance d’essais libres du jour, alors que le ciel du Nord devenait de plus en plus sombre, que les premières gouttes n’allaient pas tarder à tomber.

Choqué mais finalement indemne, le vainqueur du dernier GP en date a pu revenir à son stand après un contrôle rapide au centre médical du circuit. Tous les ingénieurs du HRC, le service-compétition de Honda, se sont rassemblés autour de lui pour essayer de comprendre. Ce vendredi, Márquez testait pour la première fois un nouveau châssis, après avoir gagné avec une RC213V millésime 2019 dimanche dernier au Sachsenring.

Un souci électronique?

Marc Marquez à l’interview après sa chute.

Marc Marquez à l’interview après sa chute.

À voir le nombre de techniciens autour de Marc Márquez à son retour à son stand, on a vite compris qu’il s’était passé quelque chose d’anormal: «A cet endroit, on travaille beaucoup avec le système de contrôle de traction, mais il n’a pas fonctionné. Quand j’ai changé de vitesse, la roue arrière a glissé d’un seul coup, sans prévenir. Nous devons absolument déterminer ce qui s’est passé, parce que ce genre de choses n’est pas idéal pour la confiance. Cela dit, je m’en sors bien, car une telle chute peut avoir de graves conséquences; j’ai un peu mal partout, mais il n’y a rien de sérieux», a expliqué l’Espagnol.

Viñales: de bas en haut!

Maverick Vinales.

Maverick Vinales.

Getty Images

Maverick Viñales ferait un joli sujet de travail pour les étudiants en psychiatrie. Dernier sur la grille et dernier en course en Allemagne, le vainqueur de la première course de la saison, au Qatar, en voulait alors au monde entier. Spécialement à son employeur: «Chez Yamaha, personne n’est capable de répondre à mes questions, de faire ce que je demande.» Il a même avoué, jeudi dans l’après-midi, que ce week-end, il ne se prendrait pas la tête: «Simple: je vais copier tous les réglages de mon équipier Fabio Quartararo!» Il n’a pas eu besoin de cela: meilleur temps vendredi matin, c’est encore lui qui a été le plus rapide l’après-midi, avant que la pluie ne s’intensifie après une dizaine de minutes.

Morbidelli a été opéré

Comme prévu, Franco Morbidelli a été opéré vendredi matin du ménisque et d’un ligament croisé de son genou gauche: «L’opération s’est bien déroulée», explique Wilco Zeelenberg, le team-manager du team Petronas-Yamaha. «Il est bien sûr beaucoup trop tôt pour parler d’une date de retour. On devrait en savoir plus d’ici quelques jours. Si Frankie était un joueur de football, il en aurait pour neuf à dix mois; mais il est pilote moto, il peut donc tous nous surprendre.» Précision: dimanche soir, le MotoGP sera en vacances pour cinq semaines.

Aprilia: réponse en juillet

On ne sait toujours pas qui sera l’équipier d’Aleix Espargaró chez Aprilia, en 2022. En début de semaine, Andrea Dovizioso a couvert plus de 150 tours à Misano, «où il a testé différents éléments, dont certains en vue de la prochaine saison», avoue Massimo Rivola, le patron de Noale. Selon «radio-paddock», la balle est dans le camp de Dovizioso, quand bien même Aprilia ne va pas attendre éternellement, sous peine de se voir «piquer» par d’autres un des jeunes pilotes Moto2 qui intéresserait la marque italienne.

Ce même «radio-paddock» laisse entendre que Raúl Fernández, courtisé de toutes parts, aurait finalement décidé de faire une seconde saison en Moto2, sous ses couleurs actuelles. Dans ce cas, Hervé Poncharal, le patron du team Tech 3 KTM aura peut-être à choisir qui de Danilo Petrucci ou d’Iker Lecuona, ses deux pilotes actuels, épaulera l’an prochain Remy Gardner, confirmé en MotoGP depuis plusieurs semaines.

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