France - Il se poignarde à l’entrée d’un commissariat
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FranceIl se poignarde à l’entrée d’un commissariat

Un trentenaire s’est «mutilé» volontairement mardi matin en se donnant «deux coups de couteau dans l’abdomen» dans le sas d’entrée du commissariat de police d’Épinal.

L'hôtel de police d'Epinal.

L'hôtel de police d'Epinal.

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Selon les premiers éléments de l’enquête, l’individu s’est présenté au commissariat peu avant 8h00, en affirmant par l’interphone vouloir «témoigner sur des faits de meurtre dont il aurait été le témoin», a expliqué le magistrat. Un capitaine de police l’a laissé pénétrer dans le sas, mais avant de lui ouvrir la seconde porte, lui a demandé des précisions et l’a interrogé sur ce qu’il portait dans sa veste qui laissait apparaître une bosse, a précisé M. Heitz.

L’homme, qui a été «enfermé dans le sas», a «alors semblé perdre ses moyens» et a sorti «un couteau de couleur rose avec une lame de 20 cm (13 cm de manche) qu’il s’est enfoncé à deux mains dans l’abdomen, violemment à deux reprises», comme le montre le système de vidéo surveillance du commissariat qui a filmé «intégralement toute la scène», a ajouté M. Heitz.

«Pas de nature terroriste»

Il n’a tenu «aucun propos à connotation religieuse ou haineuse à l’endroit de la police ou de quiconque», a souligné le magistrat. Il est également «totalement inconnu des services de renseignement et des services de police judiciaire spécialisés en matière de lutte contre le terrorisme», a poursuivi Nicolas Heitz, alors qu’«aucun élément ramenant à l’islam radical» n'a été découvert.

Les policiers présents à l’entrée ont réagi très rapidement. Ils l’ont «braqué» et ont «retiré le couteau (...) écarté de la scène», permettant l’intervention rapide des secours, a-t-il ajouté. L’homme de 31 ans, habitant Épinal où il est né, a été transporté à l’hôpital, son pronostic vital étant engagé.

Enquête sur la personnalité de l’individu

Le procureur a indiqué avoir ouvert une enquête en flagrance des chefs de «détention d’arme de catégorie D», en l’occurrence le couteau, mais aussi «de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique», expliquant avoir retenu cette qualification car «l’exhibition d’une arme est de nature à entraîner un choc psychologique». Les investigations ont été confiées au commissariat d’Épinal, a-t-il ajouté.

L’enquête porte sur la personnalité de cet homme «connu pour des petits délits» mais «dont la dernière condamnation remonte à plus de trois ans, a encore affirmé M. Heitz, soulignant qu’il n’y avait pour l’instant aucune explication sur cet acte de «mutilation volontaire». L’homme bénéficiait toutefois «d’un suivi de nature psychiatrique et a déjà été hospitalisé dans ce cadre», toujours selon le magistrat.

Cet incident est intervenu une dizaine de jours après l’assassinat, le 23 avril, dans le sas d’entrée du commissariat de Rambouillet (Yvelines), d’une fonctionnaire de police, Stéphanie Monfermé.

(AFP)

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