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RouteIl vante l'absence des feux rouges

Le canton du Jura est le seul à ne pas posséder de feux de circulation. Un beau symbole qui va devenir un outil de promotion, selon le ministre Michel Thentz.

par
Sébastien Jost
Le dernier feu de signalisation a disparu du Jura en 1999. Et pour Michel Thentz, ce n’est pas demain la veille qu’on en verra réapparaître.

Le dernier feu de signalisation a disparu du Jura en 1999. Et pour Michel Thentz, ce n’est pas demain la veille qu’on en verra réapparaître.

Danièle Ludwig/BIST

Le dernier feu de signalisation a disparu du Jura en 1999. Et pour Michel Thentz, ce n’est pas demain la veille qu’on en verra réapparaître.

La phrase a été lâchée comme ça, paisiblement. Dimanche, sur les ondes de la RTS, le ministre jurassien Michel Thentz a fait l’éloge de son canton, en soulignant qu’il était le seul de Suisse à ne pas avoir de feux rouges. De quoi faire ricaner les chroniqueurs de «L’Agence», l’émission qui recevait le chef du Département de la santé et des affaires sociales. Mais aussi et surtout de quoi faire rêver tous les autres Romands, trop souvent plantés devant un feu ou bloqués dans un embouteillage.

Après les rapicolantes bières jurassiennes, les succulentes saucisses locales ou les roboratifs totchés, l’absence de feux de circulation routière ne serait-il pas l’argument ultime pour attirer touristes et nouveaux habitants? «C’est en effet un outil de communication très intéressant, reconnaît Michel Thentz. Cela peut paraître anecdotique mais c’est le symbole de la qualité de vie dans le canton de Jura, supérieure à celle que connaissent les Vaudois et les Genevois souvent pris dans les bouchons.»

Cette particularité n’a pas échappé au directeur de l’Office du tourisme cantonal. «C’est un élément qui sera mis en avant dans notre prochain clip de promotion ce printemps, confie Guillaume Lachat. Cela permet d’opposer les contraintes quotidiennes que vivent bien des Suisses et la réalité jurassienne. Le Jura est une destination idéale pour ceux qui souhaitent se couper du stress quotidien que les feux rouges incarnent bien.» Le Jura n’a pas toujours été vierge d’infernaux sémaphores. Il en a même connu deux au plus fort de l’épidémie. Le dernier a disparu en 1999. Et tout le monde s’en porte bien. «Les Jurassiens ne se rendent même plus compte de cette particularité et de la qualité de vie dont ils bénéficient par rapport aux autres Suisses, relève Michel Thentz. C’est lorsqu’ils se rendent dans des villes hors du canton qu’ils en prennent conscience. C’est mon cas par exemple quand je me trouve à un passage piéton à Lausanne ou à Genève et que je dois attendre que le feu passe au vert pour traverser.» Pierre Kohler, maire de Delémont, estime que l’absence de feux rouges montre la liberté dont jouissent les Jurassiens mais aussi la proximité entre les lieux (travail, administration et domicile). «Les enfants se rendent à l’école à pied et beaucoup de gens rentrent manger chez eux à midi. C’est une chance.»

Développement harmonieux

Ce n’est donc pas pour rien que le Jura commence à attirer entreprises et nouveaux habitants. Mais cela ne menace-t-il pas cet eldorado? Ne risque-t-on pas de voir apparaître bientôt d’affreux feux rouges à Delémont ou Porrentruy? «Le gouvernement est très attentif à ce que le développement du canton se fasse de manière harmonieuse et ne remette pas en cause le bien-être qui y règne», rassure Michel Thentz. Dans ces conditions, feu vert à la croissance.

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