Crise: Il veut diminuer de moitié l'importation des vins étrangers
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CriseIl veut diminuer de moitié l'importation des vins étrangers

Le conseiller national Jacques Nicolet (UDC/VD) revient à la charge pour limiter l'importation des vins étrangers et soulager un secteur qui voit ses stocks s'accumuler.

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lematin.ch
Malgré la récitence affichée par le Conseil fédéral, Jacques Nicolet (UDC/VD) veut s'attaquer à l'importation des vins étrangers pour donner de l'air aux producteurs suisses.

Malgré la récitence affichée par le Conseil fédéral, Jacques Nicolet (UDC/VD) veut s'attaquer à l'importation des vins étrangers pour donner de l'air aux producteurs suisses.

Laurent Gillieron, Keystone

«On peut toujours tout...» Le conseiller national Jacques Nicolet demande que le contingent d'importation de vins étrangers de 170 millions de litres par année soit diminué de moitié. Dans une motion qu'il vient de déposer à Berne, il estime qu'en 30 ans la situation a bien changé pour le monde viti-vinicole aujourd'hui en difficulté et qu'il est temps de revoir ces quotas d'importations.

Baisse de la consommation

A l'appui, il ne manque pas de chiffres: «Etabli sur les quantités distinctes des vins importés il y a plus de 30 ans, le volume des importations a fait l'objet en 2001 d'un regroupement entre les volumes de blanc et de rouge, pour une quantité totale de 170 millions de litres. Avec une consommation des vins indigènes de 138 millions de litres en 1994 contre 89 millions en 2018, la consommation des vins Suisses a baissé de plus de 35 pour cent en 25 ans alors que les vins importés ont perdu moins de 9 pour cent».

Bientôt deux récoltes en stock

Pour le Vaudois: «C'est principalement les vins indigènes qui ont souffert de cette baisse et pour certains encaveurs, c'est presque deux récoltes qui sont stockées. Si elles sont à saluer, les diverses mesures de promotion afin d'encourager la consommation des vins indigènes risquent de s'essouffler, si en parallèle nous ne réduisons pas les volumes importés».

Pour le Conseil fédéral, le marché est bon

Sur le fond, sa motion rejoint l'interpellation déposée par son confrère Jean-Luc Addor (UDC/VS) au mois de septembre dernier en des termes plus nuancés: «N'y a-t-il pas lieu d'instituer un mécanisme permettant d'adapter les contingents d'importation de vins étrangers à l'évolution de la consommation?» Le Conseil fédéral y a répondu le 6 novembre, rappelant d'abord que le contingent de 170 millions de litres n'a jamais été totalement utilisé depuis 2001. «L'économie viti-vinicole suisse, écrit-il, vend ses produits dans des conditions prévisibles et favorables au renforcement de son orientation sur le marché».

Pas touche aux accords avec l'OMC

Pour le Conseil fédéral, toucher à ces contingents «impliquerait de modifier les engagements internationaux en matière d'accès au marché de la Suisse auprès de l'OMC. Ce mécanisme ne saurait être décidé de manière unilatérale par la Confédération.»

Tenir compte de l'évolution de la qualité

Jacques Nicolet connaît cet argument que doit tenir son collègue de parti, le conseiller fédéral Guy Parmelin, à la tête de l'Economie: «Lui est conseiller fédéral et parle au nom du collège, moi je suis conseiller national et défend le monde de la production. Tout est renégociable, il s'agit de trouver la bonne entrée pour y parvenir. Aujourd'hui, il faut tenir compte de l'importante évolution de la qualité des vins produits en Suisse, des nouvelles méthodes de travail modernes et plus écologiques, ainsi que le respect des nombreuses règles de production appliquées, contrôlées et garanties en Suisse».

Eric Felley

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