Emotion: Il y a 20 ans, 229 personnes périssaient dans le crash du SR-111
Actualisé

EmotionIl y a 20 ans, 229 personnes périssaient dans le crash du SR-111

La pire catastrophe aérienne suisse a marqué durablement tout un pays. Retour sur les circonstances du drame et ses conséquences.

par
Michel Pralong
1 / 17
Le 2 septembre 1998, le MD-11 de Swissair, baptisé Vaud (photographié ici à Kloten), décolle de l'aréoport JFK à New York, destination Genève, à 20h18.

Le 2 septembre 1998, le MD-11 de Swissair, baptisé Vaud (photographié ici à Kloten), décolle de l'aréoport JFK à New York, destination Genève, à 20h18.

Wikipédia
L'avion s'écrase en mer au lage de Halifax (Can) à 22 h 31. Les premiers navires de pêcheurs à se rendre sur place se retrouvent face à des millions de débris sur l'océan.

L'avion s'écrase en mer au lage de Halifax (Can) à 22 h 31. Les premiers navires de pêcheurs à se rendre sur place se retrouvent face à des millions de débris sur l'océan.

Keystone
La Suisse apprend la nouvelle à l'aube du 3 septembre. Les proches des passagers se rendent à Cointrin pour avoir des nouvelles. En début d'après-midi, la terrible nouvelle tombe: aucune des 229 personnes à bord n'a survécu.

La Suisse apprend la nouvelle à l'aube du 3 septembre. Les proches des passagers se rendent à Cointrin pour avoir des nouvelles. En début d'après-midi, la terrible nouvelle tombe: aucune des 229 personnes à bord n'a survécu.

ASL

Le matin du jeudi 3 septembre 1998, une terrible nouvelle attend les Suisses à leur réveil. Un avion de Swissair, la compagnie qui fait la fierté de tout un pays et qui a la réputation d'être l'une des plus sûres au monde, a disparu en mer. Il s'agit du vol SR-111, qui relie quotidiennement New York à Genève. On ignore durant les premières heures le sort des 229 personnes qui étaient à bord, 14 membres d'équipages et 215 passagers, dont de nombreux Suisses. Les familles des occupants de l'avion, bouleversées et anxieuses, accourent à l'aéroport de Cointrin, où les attend notamment une cellule psychologique.

Un avion nommé «Vaud»

En début d'après-midi, la nouvelle tant redoutée tombe. Il n'y a aucun survivant. Le McDonnell Douglas 11 (MD11) baptisé «Vaud» a été pulvérisé en heurtant l'océan, comme ont pu le constater les premiers bateaux arrivés sur place,. Après avoir entendu un énorme bruit dans la nuit, des pêcheurs de Peggy's Cove, au Canada, se sont précipités pour porter un éventuel secours. Mais le spectacle qu'ils découvrent est tel, avec notamment énormément de morceaux de corps, flottant au milieu des débris, que l'un des navires rentre immédiatement au port, son équipage trop secoué par cette vision.

Swissair affrète ce 3 septembre un avion qui décolle de Zurich pour emmener à Halifax, proche de l'endroit du crash, des experts pour l'enquête et du personnel formé pour accueillir les familles. Des journalistes, dont celui du «Matin», peuvent embarquer. Le lendemain, la compagnie organise cette fois un vol pour les proches des personnes disparues, qui vont vivre plusieurs jours de tristesse et de recueillement sur la plage de Peggy's Cove.

Incendie à bord

Les circonstances du drame sont rapidement connues, contrairement à ses causes. L'avion a décollé de l'aéroport JFK de New York, le mercredi 2 septembre à 20 h 18, heure américaine. A 21 h 11, une odeur de brûlé est détectée dans le poste de pilotage. L'équipage pense que cela provient du conduit d'aération, mais ne trouve rien. Toutefois, un quart d'heure plus tard, certains systèmes tombent en panne et de la fumée apparaît. Face au danger, le pilote demande à pouvoir se poser à Boston, mais le contrôle aérien lui dit que la piste de Halifax est plus proche. L'avion a par la suite effectué un cercle de 360 degrés pour ralentir une descente qui, sinon, aurait été trop rapide. Il doit également survoler l'océan pour larguer du carburant afin de perdre du poids.

Pilotage à la lampe de poche

Pilote et copilote portent un masque à oxygène en raison de la fumée dans le cockpit, qui ne semble pas s'être propagée dans la cabine des passagers. Mais l'incendie s'intensifie et les systèmes tombent en panne les uns après les autres. Les pilotes doivent se diriger sans instrument, dans la nuit noire, s'éclairant dans le poste de pilotage à la lampe de poche. A 22 h 25, après un ultime appel de détresse, la liaison avec l'avion est perdue. A 22 h 31, le SR111 heurte l'océan à 560 km/h. L'impact est inouï, équivalent à 350 G. Tous les passagers sont tués sur le coup et l'appareil explose en plus de 2 millions de morceaux.

Le déroulement des faits en vidéo

Entre les débris flottant à la surface et ceux gisant par 60 mètres de fonds, la récupération va être longue. Les enquêteurs recomposent ce puzzle monumental qu'est devenu le MD-11. Le rapport final ne sera publié qu'en 2003. Ce que les enquêteurs ont constaté, c''est qu'il y a eu un arc électrique au niveau d'un câble du système de divertissement. Une nouveauté que Swissair proposait fièrement à ses clients de première et de classe affaire: un écran vidéo intégré dans les sièges. Cela a mis le feu dans le plafond de la cabine de pilotage. Des isolants thermiques se sont avérés hautement inflammables et ont donc propagé l'incendie. Le rapport constate que les pilotes n'ont commis aucune erreur. Ils ont suivi la procédure, mais c'est celle-ci qui, on ne s'en est rendu compte qu'à cette occasion, n'était pas adaptée. Ils auraient dû, notamment, demander à se poser immédiatement une fois la fumée détectée. Car l'enquête révèle que, quoi qu'ils aient tenté depuis ce moment-là, ils n'auraient de toute façon jamais eu le temps de se poser à Halifax, l'incendie aurait paralysé l'avion avant.

Le rapport final, de 386 pages, est consultable ici.

Sécurité améliorée

Ce drame terrible, qui a endeuillé tant de familles, a néanmoins permis par la suite de nettement améliorer la sécurité aérienne, que ce soit au niveau des composants d'un avion ou des procédures de secours. Mais 20 ans après, le crash du SR-111 demeure une blessure qui ne se refermera jamais.

Votre opinion