France: Il y a 20 ans, l'enfer éclatait dans le tunnel du Mont-Blanc
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FranceIl y a 20 ans, l'enfer éclatait dans le tunnel du Mont-Blanc

Un camion belge s'enflammait et l'incendie se propageait à des dizaines de véhicules. 39 personnes trouveront la mort.

par
Michel Pralong
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Le 24 mars 1999, un camion belge prend feu à 7 km de l'entrée française du tunnel. Les pompiers vont combattre un incendie qui durera 53 heures.

Le 24 mars 1999, un camion belge prend feu à 7 km de l'entrée française du tunnel. Les pompiers vont combattre un incendie qui durera 53 heures.

AFP
Le 25 mars, le feu fait toujours rage dans le tunnel. Impossible d'entrer par le côté français en raison des dégagements toxiques. Un hélicoptère a tenté d'accéder sur le site de l'incendie par le côté italien mais il a été empêché de passer au-dessus des Alpes par une barre de nuages.

Le 25 mars, le feu fait toujours rage dans le tunnel. Impossible d'entrer par le côté français en raison des dégagements toxiques. Un hélicoptère a tenté d'accéder sur le site de l'incendie par le côté italien mais il a été empêché de passer au-dessus des Alpes par une barre de nuages.

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De nombreux pompiers entrés très vite dans le tunnel pour combattre le sinistre se sont retrouvés bloqués. Ils ont fini par être secourus mais l'adjudant-chef Georges Tosello mourra malgré des tentatives de réanimation. Un cortège funèbre quitte, le 27 mars 1999, la cour de la caserne des pompiers de Chamonix, avec son cercueil.

De nombreux pompiers entrés très vite dans le tunnel pour combattre le sinistre se sont retrouvés bloqués. Ils ont fini par être secourus mais l'adjudant-chef Georges Tosello mourra malgré des tentatives de réanimation. Un cortège funèbre quitte, le 27 mars 1999, la cour de la caserne des pompiers de Chamonix, avec son cercueil.

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Il y a tout juste 20 ans, le mercredi 24 mars 1999, un camion belge transportant de la margarine et de la farine passe, à 10 h 46, le péage français du tunnel à Chamonix. 6 minutes plus tard, des premières alarmes retentissent, détectant une forte opacité de l'air, due à de la fumée. Le conducteur du camion se rend compte que c'est son véhicule qui brûle. Il s'arrête à la station 21, à 7 km de l'entrée française. Il est 10 h 53. Trois minutes plus tard, les deux entrées du tunnel sont fermées à la circulation.

À 10 h 57, un fourgon-pompe avec quatre hommes et un véhicule des premiers secours avec deux personnes à bord s'engagent dans le tunnel. Mais c'est déjà l'enfer. Bloqués à l'abri 17, ils reçoivent l'ordre de s'y réfugier. Dans les minutes qui suivent, d'autres pompiers pénètrent aussi dans le tunnel en camion, avec des masques, mais sont également bloqués, cette fois à l'abri 12.

À 13 h 04, on fait appel à des pompiers de Lyon et à des pompiers suisses, spécialistes en interventions en milieu confiné, qui travailleront durant les 53 heures que durera l'incendie. À 16 h, les pompiers bloqués sont secourus. 14 sont évacués à l'hôpital mais, à 16 h 40, un adjudant-chef, malgré des tentatives de réanimation, décède. Graves lacunes de sécurité

L'incendie aura fait 39 morts, piégés par l'incendie. Le conducteur du camion belge a pu, lui, s'en sortir. 24 poids lourds, 9 véhicules légers, 1 moto et deux véhicules de pompiers ont été détruits. Le procès établira par la suite que cela faisait des années que les mesures de sécurité n'étaient plus respectées dans le tunnel. Le drame aura eu des conséquences: les systèmes de sécurité dans les tunnels ont été améliorés, tout comme les techniques d'intervention des secours. Le tunnel du Mont-Blanc est resté fermé trois ans. Il a été rouvert d'abord aux voitures en 2002 puis, en 2003, à nouveau aux camions.

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