20.06.2020 à 14:26

FootballIl y a 50 ans, le Brésil inventait le football moderne, en couleur

Il y a cinquante ans, le football moderne est né au Mexique, lors d’une Coupe du monde de légende remportée le 21 juin 1970 par Pelé et le Brésil, diffusée en direct et enregistrée en couleurs.

Jaïrzinho, buteur en finale.

Jaïrzinho, buteur en finale.

AFP

Pelé prend le dessus sur le défenseur italien Tarcisio Burgnich lors de la finale du 21 juin 1970.

Dimanche marque le 50e anniversaire de la finale Brésil-Italie de cette édition 1970 mémorable à tous points de vue. Quatre ans plus tôt, 400 millions de téléspectateurs avaient vu, en direct, l’Angleterre battre l’Allemagne de l’Ouest, en noir et blanc. Le Brésil avait été éliminé, dans des tons allant du gris clair au gris foncé.

Quatre ans plus tard, sous le soleil du Mexique, les maillots jaune, bleu et vert de la Seleçao ont été enregistrés en couleur, pour la postérité. Depuis 50 ans, les images passent et repassent. Même Pelé a du mal à se retenir: «Il y a beaucoup de vidéos disponibles, de programmes qui les diffusent. Si je ne fais pas attention, je me mets à pleurer», a confié l’ancien attaquant star au site internet de la FIFA.

Pelé au sommet

Pelé symbolise ce Mondial 1970 parce qu’il y a remporté sa troisième étoile. «J’étais au sommet», résume-t-il. «Nous avions une équipe fantastique et tout le monde s’attendait à ce qu’on gagne, j’en avais la chair de poule.»

Selon son partenaire d’attaque Tostao, Pelé «voulait arrêter sa carrière internationale sur un triomphe individuel et collectif, pour que personne ne puisse douter qu’il était bien le meilleur joueur de tous les temps».

Une finale dont on parle encore…

A 2.200 mètres d’altitude, au soleil du Stade Aztèque, le Brésil a produit ce jour-là une démonstration inédite de football offensif (4-1), comme une sorte de référence absolue pour les finales à venir, pendant cinquante ans.

Pelé a marqué, bien sûr, puis Boninsegna a égalisé, avant que Gerson et Jaïrzinho creusent l’écart. «Avant le match, je m’étais dit qu’il (Pelé) était fait d’os et de peau, comme tout le monde. Je m’étais trompé», a avoué Burgnich. C’était comme si le Brésil réinventait le football, avec un dernier but en apothéose, à quatre minutes de la fin, marqué par l’arrière central Carlos Alberto, sur une passe décisive de Pelé, au terme d’un mouvement collectif impliquant huit joueurs de la Seleçao.

Roberto Rivelino, l’un des joueurs-clé de cette Seleçao de 1970, se souvient: «Nous méritions de finir comme ça, par ce but merveilleux construit par la quasi-totalité de notre équipe. Dieu a été généreux avec notre sélection», juge le vieil homme (74 ans) dans une courte vidéo envoyée à l’AFP.

Pour Rivelino, ce Mondial-70 a été «spécial, à cause de notre concentration totale, de la qualité des matches, du titre mondial». Et aussi parce que cette Seleçao est «encore considérée aujourd’hui comme la meilleure de tous les temps». Capable d’offrir au monde une finale de rêve.

«Je réalise aujourd’hui à quel point ce but était beau et important, parce que tout le monde en parle encore», a confié Carlos Alberto à la BBC, ajoutant même: «C’est peut-être le plus beau but jamais marqué dans un Mondial».

C’était peut-être le plus beau Mondial de l’histoire du foot…

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