Voile: Il y a aussi ceux qui viennent pour apprendre

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VoileIl y a aussi ceux qui viennent pour apprendre

Qualifiés de dernière minute en 49er, les marins genevois Sébastien Schneiter et Lucien Cujean entrent en lice ce vendredi à Rio. Sans pression.

par
Olivier Dufour
Rio de Janeiro
Qualifiés de dernière minute, Sébastien Schneiter (à g.) et Lucien Cujean (à dr.) n'en nourrissent pas moins certaines ambitions.

Qualifiés de dernière minute, Sébastien Schneiter (à g.) et Lucien Cujean (à dr.) n'en nourrissent pas moins certaines ambitions.

AFP

A la fin du mois de juillet, la bonne nouvelle est tombée. La Suisse a pu récupérer une place-quota supplémentaire. Swiss Sailing et Swiss Olympic ont alors choisi de l'attribuer à un jeune équipage plein de promesses, composé du barreur Sébastien Schneiter et de son équipier Lucien Cujean, qui évoluent sur les rapides et spectaculaires monocoques 49er.

«On en rêvait forcément, mais c'est une qualification inattendue, admettent de concert les deux navigateurs. Notre projet visait plutôt les Jeux de Tokyo dans quatre ans pour avoir le temps de bien apprivoiser notre bateau. Là, c'est une énorme surprise. Les Jeux c'est le graal, un peu comme la Coupe de l'America», compare Cujean, qui fêtera ses 27 ans le 16 août.

Pour ces deux garçons, pas question toutefois de débarquer au Brésil en touristes. Si le but est avant tout d'engranger de l'expérience, l'équipage membre du Team Tilt reste composé de compétiteurs qui auront à cœur de prouver leur valeur.

«On n'est pas nerveux, on va y aller sans pression, en tant qu'outsiders, confie Schneiter, qui soufflera 21 bougies le 24 septembre. C'est vrai qu'on a décidé il y a deux ans de se lancer dans l'aventure en 49er. Au début on passait plus de temps à naviguer qu'à nager! Mais on ne veut pas surtout pas être derniers sous prétexte qu'on s'est qualifiés en dernier.»

Son équipier estime quant à lui qu'il y a eu beaucoup de progrès. «Physiquement on tient bien la route. On s'est bien entraînés, parce qu'on avait des gabarits moyens au départ. On a fait une heure par jour en salle de force. Sauf le dimanche, là on a pause!»

«Ça prend six ans pour faire une médaille»

Simon Hiscocks, leur coach anglais qui avait remporté l'argent sur le même bateau à Sydney en 2000, puis le bronze à Athènes quatre ans plus tard, estime quant à lui que l'apprentissage prend du temps. «Il y a une différence entre être bon et être très bon, soit dans la course aux médailles, est très fine. Mais elle suffit.»

Un avis appuyé par celui de l'entraîneur en chef, l'Anglais Tom Saunt. «Il faut environ six ans en moyenne pour gagner une médaille dans une classe. Mais Sébastien et Lucien ont beaucoup de qualités. Ils ne cessent de s'améliorer et c'est important pour eux de pouvoir se mesurer aux meilleurs. Bien sûr, il y a beaucoup de distractions aux Jeux, ce sont des courses comme nulles autres, mais le vent et l'eau ne changent pas.»

«Comme un magasin de bonbons»

Des distractions, Schneiter et Cujean n'en manqueront pas, en effet. Logés à l'écart du village olympique, dans une maison surplombant la baie de Marina da Gloria, d'où partent les embarcations pour rejoindre les sites de course, pour se faciliter la vie en termes de proximité, les deux marins et le reste de l'équipe de voile pourraient céder aux tentations d'une situation moins isolée que les autres athlètes de Swiss Olympic.

«Les JO c'est un peu comme un magasin de bonbons. On a envie de tout prendre, sourit Schneiter. On irait bien voir courir Usain Bolt sur le 100m, mais c'est très tard et nous avons un couvre-feu. Nous devons rentrer à la maison avant 21h. C'est assez strict», sourit le barreur.

Rien qui ne fasse peur à cet équipage, habitué à une vie de proximité tout au long de la saison. «On vit un peu comme un couple, rigole Sébastien Schneiter. Lucien fait la cuisine et moi je fais le ménage! Oui, c'est vrai, Lucien est un très bon cuisinier et j'ai la chance qu'il me prépare de bons petits plats.»

Hilare, Cujean abonde. «Je prends soin de mon barreur, c'est normal.» Si la sauce prend comme il faut dans la baie carioca, le résultat pourrait avoir un goût plutôt agréable pour le duo genevois, qui courra sa première manche ce vendredi à Rio.

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