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Football«Il y a un moment où tu dois dire stop»

L’arbitre Ludovic Gremaud revient sur les raisons qui l’ont poussé à donner sa démission pour la fin de l’année.

par
Renaud Tschoumy
Ludovic Gremaud exprime son ras-le-bol.

Ludovic Gremaud exprime son ras-le-bol.

Keystone

Le microcosme de l’arbitrage suisse est en pleine tourmente. Quinze mois après la démission de leur ancien boss Urs Meier et la retraite anticipée de leur chef de file Massimo Busacca, quatre d’entre eux ont donc choisi de claquer la porte à la fin de l’année, alors qu’ils sont loin d’avoir atteint l’âge limite de 45 ans. Parmi ceux-ci, le Genevois Ludovic Gremaud (32 ans). Qui a longtemps mûri sa décision avant de l’officialiser.

«On nous demande d’être de plus en plus pros, d’être disponibles pour des cours ou des entraînements, mais ceux qui nous dirigent ne sont justement pas professionnels, lance-t-il. On souffre d’un manque de considération énorme de la part de nos dirigeants. Un exemple? J’ai envoyé ma démission selon les formes il y a quatre semaines, mais je n’ai toujours rien reçu en retour. Ni accusé de réception, ni coup de téléphone, même de la part de notre chef Carlo Bertolini. Il y a le moment où tu dois dire stop. J’en étais arrivé à ce stade-là.»

Et d’ajouter: «Dans la mesure où l’on n’arrive pas à professionnaliser la corporation, où un arbitre ne peut pas vivre de l’exercice de son activité, il m’a fallu rediriger mes priorités. Car au bout d’un moment, il y en a marre de faire des efforts et de voir que tu ne reçois rien en retour. Et quand je dis «rien», je ne pense pas seulement à l’aspect pécuniaire des choses. Mais c’est un tout. Ma décision n’a rien d’un coup de tête. J’ai analysé les choses, pesé le pour et le contre, et aujourd’hui la balance pèse nettement du côté du contre.»

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