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Automobile«Il y a un peu de 911 dans chacune des Porsche que nous fabriquons»

Après un passage chez Audi, Seat, puis VW, Oliver Blume, 49 ans, nous livre sa vision du futur, au moment où la marque, qu'il dirige depuis 2015, investit massivement pour prendre le virage électrique. Interview.

par
Philippe Clément
Oliver Blume, sur le stand Porsche du Salon de l'auto à Genève, où a été dévoilée la Mission E Cross Turismo.

Oliver Blume, sur le stand Porsche du Salon de l'auto à Genève, où a été dévoilée la Mission E Cross Turismo.

Fred Merz/lundi13

Quel endroit plus idéal que le Salon de l'auto de Genève, où Porsche dévoile en première mondiale son concept électrique Mission E Cross Turismo, pour faire le point avec son CEO, Oliver Blume? L'occasion de tenter d'expliquer un succès, jamais démenti en septante ans, d'aborder la question de l'avenir électrifié auquel la voiture ne saurait échapper et de se demander si la marque sportive ne risque pas, au passage, d'y perdre un peu de son âme.

Porsche fête cette année septante ans d'un succès ininterrompu. Comment expliquer une telle success story?

Nous sommes très fiers de cette «tradition Porsche». Pour l'expliquer, je crois qu'il faut revenir aux origines mêmes de la marque, quand Ferry Porsche l'a fondée. À la fin des années 40, son idée de lancer la 356, alors qu'à l'époque personne ou presque ne parlait de voiture de sport, était assez courageuse. Et le côté génial de ce pari se confirme depuis septante ans. Quand, dans les années 60, la 911 est apparue, elle a pu devenir la sportive la plus couronnée de l'histoire grâce à sa qualité et à une politique d'expansion intelligente. Mais la clé du succès de Porsche, c'est, je pense, d'avoir su, envers et contre tout, rester fidèle à sa ligne: développer la technologie sur piste d'abord, pour l'amener ensuite sur la route. C'était l'idée initiale de Ferry Porsche et c'est ce que nous faisons encore aujourd'hui: nous appliquons scrupuleusement cette «tradition Porsche». Et nous nous efforçons de la compléter en lui ajoutant le meilleur de la technologie moderne.

Cette année, à Genève, Porsche présente la GT3 RS, une nouvelle interprétation de son best-seller 911. Comment parvient-on, version après version, à améliorer une telle icône?

C'est une question que je me pose souvent aussi… Nous développons actuellement une nouvelle 911 (la 992, ndlr) qui arrivera bientôt sur le marché. Pour la concevoir, nous avons scrupuleusement analysé la 991 actuelle, recherché tout ce qui pouvait faire l'objet d'une amélioration et réfléchi à comment nous allions pouvoir y intégrer les progrès faits entre-temps en matière de technologie. Nous avons procédé exactement de la même façon pour la GT3 RS, et je crois que nous avons plutôt bien réussi notre travail. Un de nos atouts est que nous tenons énormément compte du feed-back de nos clients. Ce sont eux qui connaissent le mieux nos voitures, puisqu'ils roulent avec tous les jours. Leurs remarques nous sont donc très précieuses.

Vous l'avez dit: la 911 «992» arrive bientôt. Que signifie la 911 pour Porsche? Peut-on dire que ce modèle représente l'«âme» de Porsche?

Cela me fait plaisir que vous utilisiez ce terme, parce que c'est exactement ce que nous pensons. La 911 est notre modèle le plus important. Nous reprenons d'ailleurs beaucoup de solutions techniques qui font le succès et la qualité de la 911 et nous les intégrons à nos autres modèles. Les roues arrière directrices, par exemple, sont aujourd'hui sur la Panamera et sur le Cayenne. On peut dire qu'il y a un peu de 911 dans chaque modèle signé Porsche.

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L'application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad.

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