16.11.2018 à 12:23

OmnisportsIls avaient «course gagnée» avant l'improbable accident

Un petit relâchement et la victoire pratiquement acquise peut s'envoler brutalement.

par
svu
En 2006 aux Jeux olympiques de Turin, l'Américaine Lindsey Jacobellis avait payé très cher une tentative de «grab» sur le dernier saut.

En 2006 aux Jeux olympiques de Turin, l'Américaine Lindsey Jacobellis avait payé très cher une tentative de «grab» sur le dernier saut.

AFP

Jeudi soir, Alex Thomson avait encore une avance de 209 milles nautiques (387 kilomètres) dans la catégorie Imoca. Le skipper britannique pouvait envisager sereinement une victoire de panache sur la route du Rhum. C'était juste avant que son bateau n'heurte violemment une falaise à 75 milles (139 kilomètres) de l'arrivée à Pointe-à-Pitre. Si Thomson a pu finir la course avec un bateau endommagé, il pourrait être laisser filer la victoire promise à cause d'une pénalité de 24 heures.

Dans l'histoire du sport, de nombreux champions ont vécu des désillusions similaires alors que leurs succès ne faisait plus aucun doute. Découvrez notre sélection non-exhaustive.

Lindsey Jacobellis, Jeux olympiques de Turin en 2006

En 2006 à Turin, Lindsey Jacobellis domine la finale de snowboardcross avec une aisance remarquable. Euphorique, l'Américaine décide de se faire plaisir en tentant un «grab» (fait de saisir sa planche avec la main) sur l'ultime saut du parcours. Stupeur: la snowboardeuse perd l'équilibre et chute. La Bernoise Tanja Frieden, qui avait plusieurs mètres de retard, en profite pour filer vers l'or olympique. Jacobellis remporte tout de même la médaille d'argent mais sa figure ratée restera dans l'histoire des Jeux olympiques.

Joël Gaspoz, Mondiaux de Crans-Montana en 1987

«Nooooon Joël, non!». L'exclamation du commentateur Jacques Deschenaux a marqué les mémoires. En 1987 aux Mondiaux de Crans-Montana, où la Suisse réussit une démonstration, il assiste impuissant à la chute de Joël Gaspoz à quatre portes de l'arrivée du slalom géant. Le Valaisan possédait plus de trois dixièmes d'avance sur Pirmin Zurbriggen à 20 secondes de l'arrivée avant de se faire surprendre à la fin du dernier mur. Une chute cruelle qui n'a pas traumatisé Gaspoz. « Je vous rassure, j’ai totalement digéré cet échec. Quand je regarde mon parcours, je suis 100% content de ce que j’ai réalisé», confiait-il dans la «Tribune de Genève» trente ans après la course.

Stève Ravussin, route du Rhum 2002

En 2002, Stève Ravussin aperçoit Pointe-à-Pitre et l'arrivée de la Route du Rhum. Alors que la plupart des multicoques ont dû abandonner, le Vaudois a surmonté les difficultés et semble parti pour un succès de prestige. Mais un grain et un coup de vent viennent briser son rêve. «Il y avait un vent de 15 nœuds, j'en ai profité pour dormir un peu et, en fait, je me suis endormi profondément. J'ai senti le bateau accélérer, cela m'a réveillé, mais il était déjà trop tard. Le flotteur qui n'a pas de foil est entré dans l'eau et le bateau s'est retourné», raconte le skipper avant de lâcher la phrase symbolisant cette cruelle mésaventure. «Couillon comme je suis, je me suis fait surprendre.»

Erik Zabel, Milan-San Remo 2004

En 2004, Erik Zabel est probablement l'un des coureurs les plus aguerris du peloton. Sextuple vainqueur du maillot vert du Tour de France, le sprinteur allemand a déjà remporté Milan-San Remo à quatre reprises. A 33 ans, il lève les bras, sur de s'offrir un cinquième succès au sprint. Mais Zabel relâche son effort trop vite et se fait doubler in extremis par le futur champion du mondeOscar Freire. L'Allemand réalise son erreur sur la ligne mais c'est déjà trop tard.

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