Valais: Ils en ont marre qu’on leur dise d’aller à pied à l’école

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ValaisIls en ont marre qu’on leur dise d’aller à pied à l’école

Une dizaine de familles et une trentaine d’enfants vivant dans les Mayens-de-Saxon se battent depuis des années pour avoir droit à un transport scolaire. Le canton leur a donné raison, mais la commune fait recours au Tribunal fédéral.

par
Eric Felley
Pour marquer la rentrée des classes, et de guerre lasse de n’être pas entendu, les élèves des Mayens-de-Saxon ont organisé une manifestation en bonne et due forme pour obtenir un bus pour se rendre à l’école.

Pour marquer la rentrée des classes, et de guerre lasse de n’être pas entendu, les élèves des Mayens-de-Saxon ont organisé une manifestation en bonne et due forme pour obtenir un bus pour se rendre à l’école.

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«Lorsque les circonstances de lieu et de temps l’exigent, l’administration communale est tenue d’organiser le transport gratuit des élèves de l’école enfantine, de l’école primaire et du cycle d’orientation ayant une marche de plus d’une demi-heure». C’est la loi cantonale valaisanne, qui devrait être respectée dans toutes les communes. Mais dans celle de Saxon (VS), la commune ne l’entend pas ainsi. Dix familles avec une trentaine d’enfants habitant dans les Mayens-de-Saxon réclament depuis des années que l’administration communale leur mette à disposition un bus scolaire pour descendre la route sinueuse d’environ 8 kilomètres qui rejoint la plaine et l’école.

Il fut un temps où ce type de transport existait, avant que la commune ne le supprime, prétextant que la zone est touristique et que le service public y est réduit. Des parents ont fait recours auprès du Conseil d’État, qui leur a donné raison. La commune a quant à elle fait recours contre cette décision au Tribunal cantonal, où elle a perdu. Ni une, ni deux, elle a décidé de recourir cette fois au Tribunal fédéral. Lors d’une assemblée primaire en juillet, le président de la commune de Saxon, Christian Roth, avait relevé le coût trop élevé de ce transport, entre 4500 et 5000 francs par enfant.

Un dédommagement?

Lors d’une autre assemblée primaire, un citoyen avait déclaré que les enfants n’avaient qu’à «descendre à l’école à pied». C’est ce qu’ils ont fait ce mardi 18 août en appelant les médias pour que la commune n’oublie pas ses obligations. Après deux victoires devant les instances politique et judiciaire, les familles concernées sont confiantes quant au verdict du Tribunal fédéral.

Interpellé mardi, le président de la commune a déclaré dans «Le Nouvelliste» que le conseil avait décidé le 10 août dernier de proposer un dédommagement financier en attendant la décision du TF. Les familles n’étaient pas au courant. Une preuve qu’il vaut la peine parfois de manifester. «Mais ce que nous voulons, ce n’est pas un dédommagement, c’est un moyen de transport pour nos enfants», conclut une mère de famille.

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