Irak - «Ils étaient venus pour être soignés, ils sont repartis dans des cercueils»
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Irak«Ils étaient venus pour être soignés, ils sont repartis dans des cercueils»

Des scènes de colère et de désespoir se sont déroulées mardi à Nassiriya, au lendemain de l’incendie de l’unité Covid d’un hôpital qui a fait 64 morts.

Des scènes de colère et de désespoir se sont déroulées mardi à Nassiriya, où un hangar abritant l’unité Covid d’un hôpital a pris feu lundi soir, faisant 64 morts.

Des scènes de colère et de désespoir se sont déroulées mardi à Nassiriya, où un hangar abritant l’unité Covid d’un hôpital a pris feu lundi soir, faisant 64 morts.

AFP

Les funérailles de plusieurs victimes de l’incendie qui a ravagé lundi soir l’unité Covid de l’hôpital al-Hussein de Nassiriya, dans le sud de l’Irak, faisant 64 morts selon un nouveau bilan, se sont déroulées sous haute tension mardi, les familles laissant éclater leur rage contre la corruption qui gangrène le système de santé.

Dans le cimetière de Najaf (centre), un homme et une femme s’étreignent alors que sont inhumés leurs proches. À Al-Nasr, au nord de Nassiriya, quatre frères et sœurs ont été mis en terre; à Al-Dawaya, à l’est de la ville, ce sont six personnes d’une même famille qui ont été enterrées.

Parallèlement, les manifestations se sont multipliées à Nassiriya. Des dizaines d’habitants ont bloqué les entrées de plusieurs hôpitaux, pour exiger le transfert de patients dans un établissement flambant neuf de plus de 400 lits, construit par la Turquie et inauguré en juin par le Premier ministre… mais inexplicablement inutilisé.

Les manifestants ont eu gain de cause dans la journée, les autorités ayant ordonné le transfert de tous les patients de l’hôpital Al-Hussein dans ce nouvel établissement afin de libérer de la place pour les nouveaux malades du coronavirus.

Le directeur de l’hôpital al-Hussein et le responsable des autorités sanitaires régionales ont été écartés sur ordre du Premier ministre Moustafa al-Kazimi, mais ces mesures sont jugées insignifiantes.

«Ce hangarn’ était même pas bon pour abriter des animaux!» crie Abou Nour al-Shawi, qui a perdu plusieurs membres de sa famille dans l’incendie de lundi soir, sur les décombres de l’unité Covid ravagée par les flammes. «Ils sont venus ici pour se faire soigner et ils repartent dans des cercueils», ajoute l’homme désespéré.

Feu déclenché par l’explosion de bouteilles d’oxygène

L’unité Covid, installée au sein de l’enceinte de l’hôpital al-Hussein, dans un hangar vétuste et non ignifugé, accueillait jusqu’à 70 personnes. Le feu – déclenché par l’explosion de bouteilles d’oxygène selon une source sanitaire – s’est rapidement propagé et n’a laissé aucune chance aux patients et à leurs visiteurs.

Le feu s’est rapidement propagé dans le hangar vétuste et non ignifugé qui abritait les malades du Covid, ne laissant aucune chance aux patients ou à leurs visiteurs.

Le feu s’est rapidement propagé dans le hangar vétuste et non ignifugé qui abritait les malades du Covid, ne laissant aucune chance aux patients ou à leurs visiteurs.

AFP

La dévastation est totale: toit en tôle effondré, murs cloqués et noircis, couvertures et habits éparpillés. Une chaise roulante renversée est encastrée dans les décombres qui fument encore.

Le chaos a régné une bonne partie de la nuit, les pompiers luttant pendant des heures pour maîtriser les flammes tandis que des centaines d’habitants accouraient sur les lieux pour tenter d’évacuer les patients pris au piège. «Nous entendions les gens crier mais nous ne pouvions pas faire grand-chose», raconte Hisham al-Sumeri, un jeune militant venu aider dans la nuit.

Une bonne partie de la nuit, des centaines d’habitants ont tenté d’évacuer les patients pris au piège dans l’incendie, pendant que les pompiers luttaient contre les flammes.

Une bonne partie de la nuit, des centaines d’habitants ont tenté d’évacuer les patients pris au piège dans l’incendie, pendant que les pompiers luttaient contre les flammes.

AFP

Corruption, négligence, défaillance des autorités: la litanie des maux qui rongent l’Irak est sur toutes les lèvres. En avril dernier, un incendie similaire, également provoqué par l’explosion de bouteilles d’oxygène, a ravagé un hôpital dédié à la lutte contre le Covid à Bagdad: plus de 80 morts.

Système de santé délabré

«Une nouvelle fois, les politiciens ont prouvé leur incapacité à gérer le pays. Nous allons de tragédie en tragédie, la situation des Irakiens empire de jour en jour, et personne ne rend de comptes», s’indigne Yasser al-Barrak, un professeur de l’Université de la province de Dhi Qar.

Les incendies sont courants: rien qu’entre janvier et mars 2021, 7000 feux ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. Et le système de santé est délabré, en raison de la crise économique, des guerres et de la corruption. La pandémie a aggravé cette situation: le pays compte plus de 1,4 million de personnes infectées par le coronavirus, qui a fait plus de 17’000 morts.

(AFP)

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