Hockey sur glace: Ils ne savent pas encore «tuer» un match!

Publié

Hockey sur glaceIls ne savent pas encore «tuer» un match!

Les Servettiens ont des occasions en or pour battre enfin Zoug, mais l'expérience a fait la différence.

par
Christian Maillard
Genève

Il y a des points qui se perdent! Que ce soit samedi dernier à Berne avant la prolongation perdue, ou ce mardi contre Zoug aux Vernets, GE Servette aurait pu (dû) s'offrir un final de rêve qui aurait ressemblé à du panache. Mais s'il y a eu une ovation d'un public malgré tout conquis, saluant leur bravoure, autant dans la capitale que sur leur patinoire, les Grenat ont de nouveau été contraints de s'effacer après avoir mis la gomme au tiers médian. Frustrant.

Décidément, les «mômes» de Patrick Emond, même s'ils sont entourés d'ex-pensionnaires de NHL, ont encore de la peine à acquérir de la constance et, surtout, de jouer avec l'intensité nécessaire durant soixante minutes. Au-delà du complexe évident, certainement sous-jacent et inconscient, que les Servettiens nourrissent face à cette formation qu'ils n'ont plus battue depuis 1419 jours (!), il y a surtout le métier qui entre, des erreurs de jeunesse qui se répètent. Il est vrai que la plupart des Grenat qui se trouvaient sur la glace ce mardi, les étrangers et surtout ces jeunes loups, n'ont pas perdu des dizaines de fois de suite contre cette bête noire zougoise dans leur carrière.

Maintenant, autant, lors de la première rencontre, début octobre à la Bossard Arena, les Aigles avaient été largement dominés, la donne n'était plus vraiment la même ce mardi. Face à une équipe qui demeurait sur trois défaites d'affilée, il y avait un bon coup à jouer pour les Genevois. Mais il leur a manqué, notamment au deuxième tiers, cet instinct de tueurs, l'envie d'abattre le taureau dans l'arène. Ils n'ont pas su verrouiller le succès quand il s'est manifesté.

Le poids des hommes d'expérience

A force de collectionner les occasions, on ouvre un musée de regrets. Il aurait fallu également davantage d'émotions juste avant que Klingberg n'inscrive le deuxième but zougois, peu après la première sirène. Le judicieux temps-mort demandé par Patrick Emond a permis toutefois de recadrer sa troupe. Ce groupe solidaire allait égaliser dans la foulée, en exploitant deux supériorités numériques et le jeu tout en puissance d'Eric Fehr devant Leonardo Genoni, là où on se donne des coups, cet endroit où ça fait si mal. C'est à ce moment-là que les Grenat devaient taper sur le clou et prendre les devants.

Mais, que ce soit Berne ou Zoug, ils possédaient dans leur trousse de secours des hommes d'expérience qui savent gérer ce genre de fin de rencontre. C'est Raphaël Diaz, en power-play, puis Lino Martschini dans la cage vide, habitués à ce genre de situation, qui ont fait pencher la balance. Eux n'ont pas commis les mêmes erreurs que les Genevois, comme cette mauvaise pénalité de Tim Bozon juste avant le but victorieux de l'ex-défenseur des Canadiens de Montréal, 200 matches en NHL. La «classe biberon» des Vernets continue son apprentissage.

Les Aigles savent que s'ils entendent gagner désormais vendredi contre Lugano, ils devront jouer différemment, tous ensemble durant soixante minutes en ajoutant de l'émotion dans leur jeu. Pour éviter qu'il y ait d'autres points qui se perdent...

Christian Maillard, Genève

Pour les détails du match, cliquez ici.

Ton opinion