Publié

Loisirs«Ils nous foutent en l'air les pistes»

Excédé, le fondeur Jean-Pierre Tauxe dénonce le non-respect des piétons qui empruntent les pistes de ski de fond. Un problème si courant qu'un code de bonne conduite a dû être édicté.

par
Anne-Florence Pasquier
Le panneau d'interdiction, ici au col des Mosses, n'empêche pas des piétons d'emprunter les pistes de ski de fond, ce que déplore le fondeur Jean-Pierre Tauxe.

Le panneau d'interdiction, ici au col des Mosses, n'empêche pas des piétons d'emprunter les pistes de ski de fond, ce que déplore le fondeur Jean-Pierre Tauxe.

Sedrik Nemeth / neva-images

 Un mot de trop, et la remarque courtoise s'est transformée en une vraie dispute. «Il a bien failli en venir aux mains», raconte Jean-Pierre Tauxe, excédé. Mardi dernier, ce Vaudois de 60 ans s'élance à vive allure, au pas du patineur, sur la piste de skating au col des Mosses (VD), quand il voit des piétons devant lui. Il s'arrête, et leur demande gentiment de quitter la piste. Habitué à cette situation et aux réponses agressives des randonneurs, il s'est appliqué comme à chaque fois à leur adresser une formule de politesse qu'il garde en tête. «Mais le monsieur n'a pas supporté ma demande. Il s'est mis à argumenter que la montagne est à tout le monde, me traitant de donneur de leçons», raconte le fondeur. Après une volée d'insultes, les piétons ont continué leur chemin sur la piste.

«Mais on est dans notre bon droit. On paie une vignette et ils nous foutent les pistes en l'air», s'insurge Jean-Pierre Tauxe qui pratique le ski de fond depuis plus de dix ans et souhaite qu'on sensibilise les promeneurs.

Une charte de bonne conduite

La scène n'étonne pas du tout Laurent Donzé, président de l'Association romande de ski de fond. «Chaque année, on a des échos de ce genre d'incidents. Le problème s'est amplifié car les pistes de skating sont tellement bien faites que la tentation de les emprunter est grande. Entre les familles avec les luges, les promeneurs avec leurs chiens qui font leur crotte sur une belle piste damée, il y a beaucoup de dégâts.» En plus des informations distribuées dans les clubs nordiques afin de signaler aux piétons les zones réservées aux fondeurs, l'association a même lancé une campagne de sensibilisation dans toute la Suisse romande sous la forme d'une charte de bonne conduite adressée aux piétons comme aux fondeurs. Un rappel des respects des règles qui n'empêche pas certains de réagir de façon agressive.

«La première réaction des piétons est d'être sur la défensive», remarque Rémy Fischer, responsable du club nordique du Pays-d'Enhaut et col des Mosses, «mais les fondeurs sont dans leur droit. Surtout qu'au col des Mosses des alternatives gratuites sont proposées pour les promeneurs. L'entretien de 40 km de tracé nous coûte jusqu'à 60 000 francs par an. Pour celui qui a fini sa tournée de balisage, c'est écœurant de voir les dégâts, surtout de ceux qui font de la raquette.»

Pour améliorer la cohabitation entre les activités sportives, l'Office du tourisme du col des Mosses a aménagé des parcours. «On est très sensible à cette problématique, réagit Pierre-Alain Morard, le directeur. C'était pire il y a quelques années et on a fait des efforts. Mais les marcheurs veulent aller où ils ont envie. A se demander s'il ne faudra pas faire comme dans les Alpes fribourgeoises.»

L'afflux incessant des piétons, promeneurs à raquettes, randonneurs à skis et luges en fin de journée sur les domaines skiables a obligé les stations fribourgeoises à organiser des tournus et donc à limiter l'accès des pistes certains jours. Avant d'en arriver à ces restrictions, il reste le bon sens de chacun .

Votre opinion