Ras-le-bol: Ils ont démoli la place de jeux
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Ras-le-bolIls ont démoli la place de jeux

À Cheseaux-sur-Lausanne (VD), les propriétaires de deux villas ont obtenu le démantèlement du parc sis aux abords immédiats de l’école primaire et de la garderie. Excédés par le bruit.

par
Benjamin Pillard
«Les nuisances persistaient malgré notre triple vitrage» Jean-Pierre Cuany, riverain et ancien élu au législatif communal (ci-contre aux côtés de ses deux fils, Daniel et Jean-Marc, de g. à d.)

«Les nuisances persistaient malgré notre triple vitrage» Jean-Pierre Cuany, riverain et ancien élu au législatif communal (ci-contre aux côtés de ses deux fils, Daniel et Jean-Marc, de g. à d.)

«Nous sommes désolés de n’avoir pas été suffisamment attentifs à l’aspect «souvenirs» que cette place pouvait représenter, et nous nous en excusons auprès des usagers.» Cela va faire un mois qu’un message d’excuses publiques figure en tête de page du site Internet de l’administration communale de Cheseaux-sur-Lausanne (VD). À l’origine de ce mea culpa des autorités: la démolition pure et simple du petit parc pour enfants situé face à l’école primaire et la garderie. Deux balançoires, un bac à sable, mais aussi un cheval en bois, une bascule à ressort ou un tourniquet, qui avaient la joie d’au moins deux générations de têtes blondes depuis 1986. «Une partie des jeux ne répondaient plus aux normes actuelles et pouvaient même être qualifiés de dangereux», justifie la Municipalité dans sa communication.

Sauf que selon nos informations, la vétusté – relative – des installations n’a pas été décisive dans ce démantèlement. Mais plutôt le ras-le-bol de riverains, exaspérés par le bruit généré par ses jeunes usagers. «Il s’agit d’une zone habitable…» lâche du bout des lèvres le municipal en charge des Espaces publics, Serge Sandoz (membre du PSIG, parti local de la gauche plurielle). «Avec l’arrivée de l’unité d’accueil parascolaire sur le site de l’école primaire il y a trois ans, cette place de jeux est passée de peu à beaucoup utilisée, et donc source de davantage de nuisances sonores. D’une trentaine d’enfants, on est aujourd’hui pas loin de 100… nous avons donc pris des mesures, même si je comprends bien que des gens aient pu être blessés ou sensibles au démontage de ce parc.»

«Depuis novembre, c’est le rêve!» réagit Jean-Pierre Cuany (85 ans), propriétaire de l’une des deux villas sises face à la place de la discorde. Avec ses deux fils – qui vivent dans sa maison – et son voisin direct, ce menuisier à la retraite et ex-élu au législatif communal ne cache pas sa satisfaction, près de trois ans après avoir suggéré la démolition du parc. «C’était non-stop, avant l’école dès 7h, jusqu’au soir, avec l’arrivée des ados qui venaient squatter la place. Pour mon voisin qui est pompier professionnel et qui est souvent amené à devoir se reposer en journée au lendemain d’interventions nocturnes, c’était infernal. Les nuisances persistaient malgré nos fenêtres triple vitrage…» Et le patriarche de rapporter que le précédent propriétaire de leur villa achetée il y a neuf ans mettait un terme au brouhaha… en aspergeant les enfants au jet.

Si les nostalgiques du parc resteront inconsolables, la Municipalité a annoncé la réalisation d’une nouvelle aire de jeu «avant l’été», dans un pré situé à quelque 80 m plus au sud. Hors zone habitable.

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