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Attaque«Ils ont tiré avec une kalachnikov!»

Le député UDC genevois Christo Ivanov a été blessé par balle au Burkina Faso, où il passait ses vacances de Noël avec sa femme et sa fille de 3 ans.

par
Valérie Duby

«Dieu existe, je l'ai rencontré.» Le député genevois Christo Ivanov est rentré lundi soir du Burkina Faso le bras en écharpe, mais vivant. «J'ai reçu une balle dans le bras, une autre m'a éraflé la cuisse», explique-t-il. Le Genevois de 54 ans passait les vacances dans sa belle-famille avec son épouse et sa fille de 3 ans. Le vendredi 27 décembre 2013, à 8 heures, la famille Ivanov quitte la capitale, Ouagadougou, dans un 4x4 Toyota. Direction: Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays.

Footballeur visé

«Le trajet est de 400 kilomètres sur une route nationale. L'attaque s'est produite à mi-parcours, à proximité de la ville de Boromo, explique le parlementaire UDC. Au volant, ma femme a remarqué des camions bloquant la route. Elle a trouvé cela bizarre et a voulu contourner par la gauche. Soudain, des types qui portaient une chasuble de chantier ont dégainé leur kalachnikov. Ils ont commencé à nous arroser. Au moins dix balles ont touché la voiture, une vitre a explosé. Mon épouse a continué à rouler pied au plancher, elle s'est couchée sur le volant. Sans son sang-froid, nous serions morts!»

Equipés d'armes de guerre, les malfrats ne se trouvaient pas là par hasard, mais attendaient visiblement le passage du joueur de football Alain Traoré, international burkinabé évoluant au FC Lorient. «Il a été braqué après notre passage, note Christo Ivanov. On lui a volé 5 millions de francs CFA, l'équivalent de 10 000 francs.» Un chauffeur de car a été blessé par balle. A l'arrivée des forces de l'ordre, la bande armée avait disparu.

«Là-bas, les bandits sont mieux armés que la police et l'armée», constate Christo Ivanov. Emmené à l'hôpital, le Genevois est soumis à des radios. Encore un miracle, les os du bras ne sont pas touchés. La balle n'a fait que le transpercer. Perfusion, nettoyage des plaies et points de suture. «J'avais mal, j'ai pleuré. Mais j'ai surtout pleuré de soulagement, parce que j'étais le seul à avoir été touché!» Depuis, Christo Ivanov change ses pansements tous les deux jours. Il a fait venir des médicaments de Suisse, «la chaîne de solidarité a très bien fonctionné». De retour à Genève, il a contacté un chirurgien hier: «Il faut voir si je ne dois pas être réopéré, car j'ai encore des résidus de plomb dans le bras.»

Lettre à Burkhalter

Depuis le 27 décembre 2013, le député dort mal. Il n'entend toutefois pas renoncer à ses voyages au Burkina, où il travaille en collaboration avec deux ONG. Et puis il y a ce projet qui lui tient à cœur, celui de construire une école secondaire, à 70 km d'«Ouaga». En fait, Christo Ivanov est plutôt remonté contre… la Suisse. «Alors que nous avons signalé l'incident, que l'ambassade de Suisse à Abidjan – c'est elle qui gère les problèmes au Burkina Faso – a été informée, nous n'avons reçu aucune nouvelle. C'est scandaleux. Je vais écrire à Didier Burkhalter, en charge du Département des affaires étrangères et président de la Confédération.»

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