Ils prévoient un krach boursier aux proportions bibliques
Publié

SpéculationIls prévoient un krach boursier aux proportions bibliques

Dans la foulée de Michael Burry, un des visionnaires de «The Big Short», de plus en plus d’experts prévoient un effondrement prochain des marchés.

Michael Burry, en 2015, lors de la première new-yorkaise de «The Big Short», film hautement recommandable tiré du best-seller homonyme. Il fut un des rares qui anticipèrent à leur profit l’explosion de la bulle spéculative immobilière qui conduisit à l’effondrement de 2008.

Michael Burry, en 2015, lors de la première new-yorkaise de «The Big Short», film hautement recommandable tiré du best-seller homonyme. Il fut un des rares qui anticipèrent à leur profit l’explosion de la bulle spéculative immobilière qui conduisit à l’effondrement de 2008.

Getty Images via AFP

Mars 2020, débâcle historique sur les marchés mondiaux. Mars 2021, records battus à Wall Street, à Francfort… En un an, les marchés boursiers mondiaux sont passés du krach à l’exaltation, à une vitesse qui inquiète certains observateurs, constatait l’Agence France Presse lors d’un de ses précédents états des lieux.

Ce qui ressemble à un miracle va inéluctablement se transformer en cauchemar, claironnent de plus en plus fort quelques grands noms de la finance mondiale faisant fi de toute nuance. «Il va y avoir du sang sur le sol» se risque même à affirmer l’un d’entre eux. La raison? Une intense spéculation alimentée par les interventions massives des États pour soutenir l’économie mise à l’arrêt par les vagues pandémiques. Quelque «24’000 milliards de dollars» d’argent frais ont été injectés à l’échelle mondiale, indique à l’AFP Kokou Agbo-Bloua, responsable mondial de la recherche macroéconomique chez Société Générale,

Premier sur une liste des lanceurs d’alerte établie par «Market Insider», Michael Burry est ressorti de son silence en juin pour décrire l’état des marchés comme «la plus grande bulle spéculative de tous les temps en toutes choses». Cet investisseur a acquis une certaine notoriété pour avoir détecté (et d’en avoir à terme profité), deux ans au moins avant que les faits ne lui donnent raison, que quelque chose ne tournait pas rond dans les chiffres obscurs du marché immobilier américain. Une bulle spéculative qui lorsqu’elle explosa provoqua la crise économique mondiale de 2008.

C’est «la mère de tous les krachs» qu’entrevoit désormais celui qui a été incarné par Christian Bale dans «The Big Short – Le casse du siècle», l’excellente comédie dramatique (visible sur Prime Video) tirée du best-seller homonyme qui mis en lumière ceux qui virent arriver la crise avant tout le monde.

Jeremy Grantham

Jeremy Grantham, en 2013 à Boston.

Jeremy Grantham, en 2013 à Boston.

Boston Globe via Getty Images

Et il n’est pas le seul à jouer les Cassandre. En janvier dernier, le cofondateur du fonds GMO, Jeremy Grantham, qualifiait d’«épique» la bulle spéculative qui prospère en 2021. «Lorsque vous avez atteint ce niveau de super-enthousiasme, la bulle a toujours, sans exception, éclaté au bout de quelques mois, et non au bout de quelques années». Et de préciser: «Nous devrons vivre, potentiellement, probablement, avec la plus grande perte de valeur perçue des actifs que nous ayons jamais vue».

Leon Cooperman

Leon Cooperman, de sortie en 2015.

Leon Cooperman, de sortie en 2015.

Getty Images

En mai dernier, un autre investisseur milliardaire, Leon Cooperman, prévenait «Quand ce marché aura une raison de baisser, il baissera si vite que vous aurez la tête qui tourne.» Tout en précisant que toutes les conditions pour que cela survienne n’étaient pas encore tout à fait présentes.

Kevin O’Leary

Kevin O’Leary, en 2019 à Los Angeles.

Kevin O’Leary, en 2019 à Los Angeles.

Getty Images

Animateur vedette de l’émission de télé-réalité financière américaine «Shark Tank», Kevin O’Leary, ne voit également pas d’autre scénario qu’un prochain effondrement. «La correction arrive — je ne sais pas quand, je ne sais pas ce qui la déclenchera…», affirme-t-il. La génération qui boursicote actuellement n’ayant jamais connu un tel retournement, le présentateur – qui semble croire aux vertus éducatives de l’expérience – assure qu’elle en tirera la leçon.

Stanley Druckenmiller

Investisseur milliardaire et chef du Duquesne Family Office, Stanley Druckenmiller est plus précis sur la question du quand. Il a indiqué en mai dernier qu’il retirerait ses actifs dans quelques mois. «Je serai surpris si nous ne sortons pas du marché boursier d’ici à la fin de l’année, simplement parce que les bulles ne peuvent pas durer aussi longtemps».

Robert Kiyosaki

Mais qui est cette personne au côté de Robert Kiyosaki? Photo prise ici en 2006.

Mais qui est cette personne au côté de Robert Kiyosaki? Photo prise ici en 2006.

Patrick McMullan via Getty Image

Le gourou de la finance personnelle, Robert Kiyosaki, ne fait pas dans la dentelle: «ÊTES-VOUS PRÊTS?" a-t-il tweeté en avril. "Boom, faillite, folie, crash, dépression. (…) Préparez-vous au plus grand krach et à la plus grande dépression de l’histoire mondiale.»

Gary Shilling

À un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.

Gary Shilling en 1983.

Gary Shilling en 1983.

Denver Post via Getty Images

C’est en avril dernier que Gary Shilling, président du fonds A. Gary Shilling & Co, a livré sa grande prédiction: «Les spéculations dépassent toute logique et ce sera probablement le cas pour celle-ci. Mais à un moment donné, mon garçon, il va y avoir beaucoup de sang sur le sol.». Tout en prévenant: «Je ne fais aucune prédiction ferme quant au moment où tout cela va s’effondrer». Au moins, c’est dit.

Eric Bourguignon

De tous les experts s’étant exprimé dernièrement, Eric Bourguignon, responsable des activités sur titres pour compte de tiers de Swiss Life AM, compte parmi les plus modérés. À l’AFP, il indiquait: «Surendettement majeur, des secteurs qui ont été laminés définitivement, une économie tenue à bout de bras… il va falloir beaucoup de doigté pour maintenir dans la durée (ce) système.»

(JChC)

Votre opinion