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GenèveIls sauvent les oisillons orphelins

Des passionnés volent au secours des petits tombés du nid à Genthod. Une nouvelle année difficile, après 2013, en raison de la météo. Reportage.

par
Pascale Bieri

On ne chôme pas au Centre ornithologique de réadaptation (COR) à Genthod (GE). Dès 7h du matin jusqu’à 20h – et parfois même jusqu’à 21h30 – le directeur, Patrick Jacot, et son équipe débitent à la chaîne non pas les biberons, mais les boulettes de pâtée faites maison pour nourrir des oisillons orphelins. «A peine la tournée terminée, il faut recommencer», explique-t-il. Et comme l’ornithologue ne lésine pas sur la santé de ses protégés, toutes les pâtées sont préparées minute et à la carte. Exemple de menu: viande hachée maigre mixée avec des abdomens de grillons, vers de farine et teignes évidées ainsi qu’un soupçon de pâtée aux insectes polyvitaminée.

Bref, après l’annus horribilis de 2013, qui a entraîné la mort de très nombreux oiseaux en raison de la météo exécrable et du froid qui a duré jusqu’à la fin mai, Patrick Jacot porte une attention encore accrue, si tant est que cela soit possible, aux bébés dont il a la charge. «Sauver la vie d’un oiseau, quel qu’il soit, est important. Car en plus d’être vulnérables aux conditions climatiques, ils paient un lourd tribut aux activités humaines: urbanisation, destruction des milieux naturels, pesticides. Sans oublier les chats, qui sont de plus en plus nombreux.»

Mais d’où sortent tous ces petits de canards, rapaces, huppes, martinets, goélands et bien d’autres encore qui piaillent dans la nursery du COR. «Ils nous sont amenés par des gens qui les ont trouvés au sol, aussi bien à Genève que dans d’autres cantons romands», explique l’ornithologue. Les uns sont tombés du nid trop tôt, les autres ont atterri dans les griffes d’un félin ou ont été gravement affaiblis par la pluie et le froid à peine sortis du nid. «Ils sont totalement tributaires de la météo. S’il fait mauvais temps quand les petits viennent à sortir, c’est l’hécatombe.»

Ne pas s’improviser nounou

Attention, toutefois, à ne pas voler au secours de tous les jeunes qui sautillent au sol. «Il ne faut pas les prendre s’ils ont le corps déjà totalement recouvert de plumes, car leurs parents veillent et les nourrissent.» Exception faite pour les rapaces diurnes (faucon crécerelle, buse), ainsi que les martinets et les hirondelles. «En cas de doute, les gens peuvent nous contacter et nous envoyer une photo par MMS», souligne encore Patrick Jacot. En revanche, il est totalement déconseillé de jouer les nounous dans son coin. Car si l’oisillon reçoit une alimentation inadaptée et s’il n’est pas préparé en volière à prendre son envol une fois grand, il n’a quasi aucune chance de survie.

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