27.04.2018 à 18:34

ConcertIMELDA & CLYDE, le duo qui booste la scène musicale romande

Après un concert à Montreux en 2017, le talentueux duo est à Lausanne ce soir pour le vernissage de son premier EP.

par
Thierry Brandt

C'est sûr, ces deux-là attirent la lumière. Ils sont jeunes et beaux, musiciens accomplis. À les écouter, on perçoit d’emblée l’authenticité de leur démarche, originale, profonde, touchante.

La scène musicale romande fourmille d’artistes talentueux et de projets intéressants. Celui d’Imelda Gabs et Clyde Philipp’s, à la confluence du jazz et de l’ethno-pop, est plus que cela: enthousiasmant et riche de promesses futures. Surtout quand on découvre que leur duo n’est vieux que de deux ans. Imelda, pianiste et chanteuse, a tout juste 20 ans. Son compagnon, Clyde, batteur, percussionniste (et aussi chanteur) est à peine plus âgé: 23 ans. Bref, ce couple à la ville comme à la scène illustre bien le dicton: la valeur n’attend pas le nombre des années.

Rencontre et partage

Côté notoriété, Imelda part avec un peu d’avance. D’abord parce qu’elle est la fille de Doctor Gabs, pianiste et chanteur de jazz venu s’installer à Lausanne en 2001 (décédé en 2013). Ensuite parce que son parcours musical, entamé dès la tendre enfance, a déjà produit des étincelles. En 2015, celle qui était alors gymnasienne a reçu le Prix jeunesse de la Ville de Lausanne. Clyde, lui, est né au Kerala, en Inde, avant d’être adopté par une famille de la région. Maman journaliste, papa cadre infirmier. Garçon turbulent, hyperactif, il a mis un peu plus de temps à trouver sa voie, avant de réaliser que la musique correspondait vraiment à son potentiel d’expression bouillonnant.

L’essentiel, dans la musique, c’est la rencontre et le partage. À cet égard, Imelda et Clyde se sont trouvés. Hasard ou coïncidence? On penche pour la deuxième hypothèse. Ils racontent leurs débuts. Lui: «J’avais déjà entendu Imelda jouer plusieurs fois. Elle m’a touché dès les premières notes. J’ai même enregistré ses morceaux pour pouvoir, chez moi, poser mes rythmes dessus.»

Elle: «Je me souviens de la première fois où nous avons joué ensemble. Ce n’était pas prévu. C’était à la Datcha, le café culturel du Flon, à Lausanne, à l’occasion du vernissage de l’album d’un ami musicien. Cela a fonctionné immédiatement. J’avais l’impression qu’il comprenait exactement ce que je voulais exprimer.»

Poursuivre leur rêve

Depuis ce duo improvisé, ils ne se sont plus quittés. Et continuent de défricher, mois après mois, un univers musical qui n’appartient qu’à eux. Une voie exigeante, loin, très loin de celles proposées par les émissions de télé à la mode: «Parfois, on nous pousse à nous inscrire à «The Voice». Mais ça n’aurait aucun sens pour nous, pour ce que nous faisons. Nous cherchons à mettre en valeur nos propres compositions, nos improvisations, notre manière d’explorer de nouveaux sons, de nouveaux rythmes. C’est autre chose», souligne Imelda.

«On préfère être jugés sur nos créations, sur ces musiques qui nous ressemblent vraiment. Après nos premiers concerts et le passage à Montreux, l’an dernier, sur la scène du Stravinski, on voit que ça marche. Les gens nous suivent. Cela nous encourage à poursuivre notre rêve.»

Aujourd’hui, le fruit de ce travail, c’est un premier EP, «Not Alone», enregistré à Londres. Un album autoproduit qui marque une étape importante. «C’est une manière de laisser une trace. C’est aussi une carte de visite, que nous pouvons distribuer aux programmateurs de festivals, aux animateurs de radio, aux journalistes», argumente Imelda. «À l’heure du numérique et de la musique dématérialisée, c’est quelque chose de tangible. Cela montre où nous en sommes, de quoi nous sommes capables», conclut Clyde.

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