Colère: Immeuble de la honte: maintenant, on y crève de chaud!

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ColèreImmeuble de la honte: maintenant, on y crève de chaud!

À Bienne, le chauffage d'appoint installé dans l'immeuble de la honte est trop efficace!

par
Vincent Donzé
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L'immeuble de la rue d'Aarberg est composé de vingt appartements répartis sur cinq étages, via deux cages d'escalier.

L'immeuble de la rue d'Aarberg est composé de vingt appartements répartis sur cinq étages, via deux cages d'escalier.

Le Matin
En dépit de fouilles archéologiques, le chantier du Campus Biel/Bienne avance inexorablement en direction de l'immeuble de la rue d'Aarberg.

En dépit de fouilles archéologiques, le chantier du Campus Biel/Bienne avance inexorablement en direction de l'immeuble de la rue d'Aarberg.

Le Matin
Un chauffage mobile pallie à la défection de l'installation permanente, qu'il s'agit théoriquement de remplacer dans un immeuble voué à la démolition.

Un chauffage mobile pallie à la défection de l'installation permanente, qu'il s'agit théoriquement de remplacer dans un immeuble voué à la démolition.

Le Matin

C'est le monde à l'envers: privés de chauffage pendant quatre mois, les vingt locataires d'un immeuble biennois ont beaucoup trop chaud, la faute au chauffage d'appoint installé il y a deux semaines. «On est passé de 10° à 34°!», relève Nicole Aquiloz, qui vit au 5e depuis 1955.

Un réglage individuel n'est pas possible: les vannes sont bloquées. À l'étage au-dessous, Sirelda Garcia nuance: «La température fluctue fortement». Mais à cause du chauffage au sol, cette locataire a aussi subi une bouffée de chaleur: «Le panier en osier de mon chien a surchauffé, de même qu'un matelas posé par terre», rapporte-t-elle.

À Charmey (FR)

La semaine écoulée, Nicole Aquiloz l'a passée chez sa fille à Charmey (FR): «L'ascenseur était à nouveau en panne: à 88 ans, je ne peux plus monter 70 marches les bras chargés de commissions», témoigne cette retraitée.

À chacun sa riposte: «J'ai adressé à la gérance une lettre de deux pages en énumérant tous les manquements constatés et après quatre mois sans chauffage ni eau chaude, je paierai le loyer sans les charges», indique Nicole Aquiloz, à qui son 3 pièces est facturé 1'173 francs, au bord d'une route à grand trafic.

Avancée du chantier

«Aucune indemnité ne nous a été proposée», regrette cette locataire. Dans cet immeuble de la rue d'Aarberg promis à la démolition devant l'avancée du chantier du futur Campus Biel/Bienne de la Haute école spécialisée bernoise, les locataires n'ont jamais été informés de cette échéance prévue au printemps prochain, au terme d'une procédure d'expropriation.

Que se passera-t-il d'ici-là? Sur une affichette scotchée sur les portes de l'immeuble, l'installateur du chauffage mobile n'incite pas à l'optimisme: le chauffage est payé pour deux mois et ce qui se passera après est «incertain». Lorsque le chauffagiste a tenté de contacter la gérance établie à Oberwil (BL), cette dernière n'était «pas accessible».

Fuite de mazout

L'installateur se distancie d'une fuite de mazout dans les canalisations, constatée le 7 novembre dernier. «Et en prime, une pollution! Ma voisine de palier a déménagé ce week-end et j'espère faire de même le plus rapidement possible», commente Sirelda Garcia. Quant à Nicole Aquiloz, elle a contacté Pro Senectute pour faciliter sa recherche d'un nouvel appartement.

Les locataires l'ignoraient, mais «le peuple a accordé les crédits en septembre 2017 pour l'achat de ces immeubles qui seront démolis afin de construire le campus», comme le relève la conseillère municipale Silvia Steidle, directrice des finances. La gérance va-t-elle remplacer le chauffage comme stipulé sur une affichette placardée sur les portes d'entrée? Les locataires en doutent.

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