Actualisé 01.11.2018 à 08:45

BienneImmeuble de la honte: «on vit dans l'angoisse»

Mercredi soir, chauffage et eau chaude ont enfin été rétablis dans un bloc locatif où les locataires se sentent complètement délaissés.

par
Vincent Donzé
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La construction du Campus Biel/Bienne avance inexorablement vers l'immeuble couleur saumon. La fosse a été excavée sur une profondeur de cinq mètres.

La construction du Campus Biel/Bienne avance inexorablement vers l'immeuble couleur saumon. La fosse a été excavée sur une profondeur de cinq mètres.

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Trois propriétaires ont accepté l'expropriation de leur immeubles sur l'aire Feldschlössli, mais pas le quatrième.

Trois propriétaires ont accepté l'expropriation de leur immeubles sur l'aire Feldschlössli, mais pas le quatrième.

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La construction du Campus Biel/Bienne est devisée à 234 millions de francs.

La construction du Campus Biel/Bienne est devisée à 234 millions de francs.

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Vingt locataires se souviendront de l’arrivée de l’automne, dans un immeuble voué à la démolition, à Bienne.

Privés de chauffage, puis d’eau chaude, ils vivaient à 10 degrés lorsque lorsqu’un chauffage mobile a enfin été installé mercredi, un mois après la remise d’une pétition à la gérance et deux jours après la diffusion d’un reportage sur Telebielingue.

La colère grondait encore mercredi à la rue d’Aarberg. «On vit dans l’angoisse», témoignait Sirelda Garcia, qui loue son trois pièces 1000 francs. L’autorité de conciliation sera sollicitée.

Campus Biel/Bienne

C’est en s’adressant à l’administration biennoise que Sirelda Garcia a appris que son immeuble cédera la place au Campus Biel/Bienne de la Haute école spécialisée bernoise, déjà en chantier. «Prévue au printemps prochain, la démolition de notre immeuble ne nous a jamais été communiquée officiellement», s’indigne cette locataire.

En attendant, «les conditions d’hébergement sont indécentes», selon Sirelda Garcia. Un sentiment partagé à tous les étages. Au deuxième, une locataire tempère sa cuisine avec un chauffage électrique portatif: «La situation était invivable pour les familles avec enfants», dit cette locataire désireuse d'obtenir une indemnité.

Sans ascenseur

Au cinquième étage, Nicole Aquiloz a vécu deux mois sans ascenseur: «Avec des opérations aux hanches et aux genoux, je comptais les marches: 70, les bras chargés de commissions!», témoigne cette retraitée de 88 ans.

«Regardez cette porte: elle n’a jamais été repeinte depuis... 63 ans», reprend Nicole Aquiloz, en tenant sa bouillotte. Installée dans son 3 pièces à 1’173 francs depuis 1955, elle part à la recherche d’un nouveau logis, sans doute en maison de retraite.

Par recommandé

Cerise sur le gâteau, plusieurs locataires ont reçu des sommations par recommandé, le mois dernier, alors que leur loyer est versé par un ordre bancaire permanent. La réunion qui s’est tenue dans la cour avec la gérance était tendue: «Leur représentante est venue nous expliquer qui commandait», résume une locataire.

Dans un message apposé cette semaine sur la porte d’entrée, la gérance d'Oberwil (BL) s’est montrée polie: «Cher locataire, nous vous prions de nos excuser», écrit-elle en évoquant la coupure de chauffage et d’eau chaude. «Le chauffage doit être remplacé», reprend la gérance. Pour les locataires, l’hiver s’annonce rude.

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