Etats-Unis - Impasse au Congrès américain, Joe Biden s’en mêle
Publié

États-UnisImpasse au Congrès américain, Joe Biden s’en mêle

Le président américain Joe Biden a annulé un déplacement à Chicago pour tenter de faire avancer plusieurs projets de loi importants au Congrès.

Les démocrates n’ont pas assez de poids au Congrès pour outrepasser le pouvoir d’obstruction des républicains, ce à un moment où les clivages partisans, exacerbés pendant la présidence Trump, semblent devenus insurmontables aux États-Unis.

Les démocrates n’ont pas assez de poids au Congrès pour outrepasser le pouvoir d’obstruction des républicains, ce à un moment où les clivages partisans, exacerbés pendant la présidence Trump, semblent devenus insurmontables aux États-Unis.

Getty Images via AFP

Joe Biden a annulé à la dernière minute un déplacement à Chicago pour descendre dans l’arène parlementaire, où se jouent à la fois l’avenir de ses gigantesques réformes, et la solvabilité des États-Unis, dans des discussions aussi tortueuses que difficiles.

Le président américain, qui se targue d’être un négociateur hors pair après des décennies à user les bancs du Sénat, a renoncé à ce déplacement qui devait être consacré à la vaccination contre le Covid-19, selon un responsable de la Maison-Blanche. Joe Biden «restera demain à la Maison-Blanche pour continuer à travailler afin de faire avancer ces deux projets de loi», l’un consacré aux infrastructures, l’autre à des dépenses sociales, dont il a fait un enjeu majeur de son mandat.

L’adoption de ces deux plans, dont le montant cumulé avait initialement été annoncé à près de 5000 milliards de dollars, bute sur une bataille fratricide entre démocrates. Les élus les plus à gauche poussent pour une adoption simultanée des deux textes. Les centristes voudraient voter d’abord sur les infrastructures, investissements plus consensuels, et prendre plus de temps pour le volet social.

Catastrophe financière mondiale

Pour ne rien arranger, le Congrès américain fait face à un autre chantier, à la fois bien différent, et pourtant intimement lié au débat sur les projets de Joe Biden: éviter rien de moins que le premier défaut souverain des États-Unis, qui pourrait intervenir dès le 18 octobre. Démocrates et républicains sont théoriquement d’accord: un défaut des États-Unis provoquerait une catastrophe financière mondiale aux sévères répercussions pour les Américains.

Ce qui n’empêche pas les conservateurs de bloquer toute manœuvre rassemblant les deux partis sur le sujet. «Il est impératif que le Congrès règle rapidement la limite de l’endettement. Si ce n’est pas le cas, l’Amérique va faire défaut pour la première fois dans l’Histoire», s’est alarmé Janet Yellen, la secrétaire au Trésor, devant la Commission bancaire du Sénat.

La ministre des Finances de Joe Biden a averti s’attendre «à ce que le Trésor se retrouve avec des ressources très limitées qui s’épuiseraient rapidement» après la date du 18 octobre. «Attendre jusqu’à la dernière minute peut nuire gravement à la confiance des entreprises et des consommateurs, augmenter les coûts d’emprunt pour les contribuables et avoir un impact négatif sur la notation de crédit des États-Unis pour les années à venir», a rappelé la responsable.

«N’en parlons plus»

La limite d’endettement des États-Unis, que seul le Congrès a la prérogative de relever, ce qu’il a déjà fait à maintes reprises et le plus souvent d’un commun accord entre démocrates et républicains, est entrée en vigueur le 1er août. Elle interdit aux États-Unis d’émettre de nouveaux emprunts si le plafond actuel de 28'400 milliards de dollars n’est pas rehaussé.

Les démocrates n’ont pas assez de poids au Congrès pour outrepasser le pouvoir d’obstruction des républicains, ce à un moment où les clivages partisans, exacerbés pendant la présidence Trump, semblent devenus insurmontables aux États-Unis. Les républicains refusent catégoriquement de relever le plafond de la dette, car cela reviendrait selon eux à donner carte blanche à Joe Biden pour ses plans d’investissements «irresponsables».

«Shutdown»

L’opposition conservatrice veut donc que les démocrates règlent seuls cette question de limite de financement, en employant une manœuvre parlementaire tortueuse. Ce à quoi les démocrates se refusent. Depuis les années 1960, le plafond de la dette a été relevé ou suspendu quelque 80 fois. Jamais un parti n’a bloqué cette mesure.

Et comme si l’écheveau budgétaire et parlementaire n’était pas déjà assez emmêlé, le Congrès doit aussi impérativement adopter avant jeudi soir, minuit, un nouveau budget du gouvernement fédéral pour éviter que les fonds publics ne soient soudainement coupés («shutdown»).

Cette mesure fait également consensus à en croire les déclarations des uns et des autres. Mais là aussi, les républicains du Sénat la bloquent jusqu’ici, car ils tiennent à la voter séparément de toute décision sur le plafond de la dette. Les chefs démocrates du Congrès doivent donc proposer un nouveau texte centré uniquement sur le budget.

(AFP)

Votre opinion

3 commentaires