Tennis – Implacable, Alexander Zverev est le maître de Turin
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TennisImplacable, Alexander Zverev est le maître de Turin

L’Allemand a déclassé Daniil Medvedev grâce à une finale limpide (6-4, 6-4). À 24 ans, il remporte un deuxième Masters.

par
Mathieu Aeschmann
Alexander Zverev a remporté le Masters pour la deuxième fois de sa carrière.

Alexander Zverev a remporté le Masters pour la deuxième fois de sa carrière.

AFP

Rien n’y personne ne pouvait arrêter Alexander Zverev, dimanche soir en finale du Masters. Gonflé par sa magnifique performance de la veille face à Novak Djokovic, l’Allemand a sorti de son chapeau ce qui ressemble à une finale parfaite. Serein à l’échange (une poignée de fautes directes), injouable au service (74% de premières balles), le champion olympique de Tokyo a littéralement balayé Daniil Medvedev, 6-4, 6-4 en 75 minutes seulement. Trois ans après son sacre surprise à l’O2 Arena, «Sascha» Zverev s’offre donc un nouveau sacre parmi les maîtres. Celui de la maturité.

Il n’est pas simple d’extraire les éléments clés qui ont porté le vainqueur du Geneva Open 2019 à la victoire tant il a marché sur l’eau du Pala Alpitour. Mais citons d’abord la qualité de sa première balle. Face à un géant qui décoche 74% de premières à 220 km/h, votre marge de manœuvre est extrêmement limitée. Daniil Medvedev n’a donc pas eu la moindre balle de break pour espérer croire à un hypothétique retournement de situation. Désespérant.

Mais réduire le récital de l’Allemand à l'efficacité de son service serait trompeur. Comme la veille face à Djokovic, Alexander Zverev a en effet impressionné par sa tranquillité à l’échange. Ses atouts? Un timing impeccable, et surtout, une qualité de déplacement qui semble s’améliorer saison après saison. Voir ses 198 cm démarrer aussi facilement vers l’avant demeure un petit miracle lorsque l’on se rappelle de la mobilité des «doubles mètres» de la génération précédente. Que dire enfin de ce coup droit qui, par le passé, témoignait d’une certaine fébrilité, notamment sur balle courte ou cotonneuse? Ces scories semblent définitivement appartenir au passé.

Avec ce Masters, Alexander Zverev boucle sans aucun doute la meilleure saison de sa carrière. Ses six titres, dont l’or olympique, Cincinnati et les deux plus gros ATP 500, Acapulco et Vienne, font de lui le «No 1 mondial du format en trois sets gagnants». Ne reste donc plus que cette question: à quand l’extase d’un sacre en Grand Chelem? Il y a encore quelques mois, elle semblait encombrante. Elle ne l’est plus. Car le «Sascha Zverev» du deuxième semestre 2021 – battu en cinq manches par Djokovic à New York – n’est plus un joueur en devenir. Cette fois, l’Allemand est un champion abouti. Tout est là: 2022 devrait venir le confirmer.

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