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BanquesImportant recul du bénéfice net d'UBS en 2011

La première banque suisse a dégagé en 2011 un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 4,23 milliards de francs. Soit 3,3 milliards de moins qu'en 2010.

Compte tenu du contexte, il s’agit d’une performance satisfaisante, a déclaré mardi à Zurich le patron d’UBS, Sergio Ermotti.

Compte tenu du contexte, il s’agit d’une performance satisfaisante, a déclaré mardi à Zurich le patron d’UBS, Sergio Ermotti.

Keystone

Confronté à un environnement de marché se dégradant au fil des mois, UBS affiche une rentabilité en fort repli au titre de 2011. Le numéro un bancaire helvétique a dégagé un bénéfice net de 4,23 milliards de francs, 44% de moins qu’un an auparavant.

Compte tenu du contexte, il s’agit d’une performance satisfaisante, a déclaré mardi à Zurich le patron d’UBS, Sergio Ermotti. Le successeur d’Oswald Grübel, qui a démissionné en septembre, a notamment mis l’accent sur les progrès réalisés au niveau des réductions de coûts et des actifs pondérés des risques.

Et pour la première fois depuis 2006, UBS proposera à ses actionnaires un dividende de 10 centimes par action, puis lancera un plan progressif de restitution du capital. La banque envisage aussi d’émettre cette année du capital permettant l’absorption de pertes.

Face à une activité réduite des clients, les revenus se sont contractés de près de 4 milliards de francs à 27,89 milliards. Dans le même temps, les charges d’exploitation ont baissé de 2,1 milliards à 22,44 milliards, à la faveur notamment de la mise en œuvre du programme d’économies.

Bonus à la baisse

Ces mesures, qui ont aussi conduit à une diminution de l’effectif du groupe en l’espace de trois mois de 1101 emplois à 64’820, devraient produire pleinement leurs effets cette année, a précisé Sergio Ermotti.

Au regard de l’année précédente, UBS a aussi réduit l’enveloppe des bonus de 40%. Le nouveau directeur général laisse entendre un changement de cap en la matière: «Si les résultats ne sont pas à la hausse, je ne vois pas pourquoi les bonus devraient augmenter».

Côté afflux de capitaux, UBS a visiblement regagné la confiance des clients. L’an passé, ces derniers lui ont confié des nouveaux fonds pour un montant net de 42,4 milliards de francs. En 2010, l’établissement aux trois clefs avait encore essuyé des sorties nettes à hauteur de 14 milliards.

Les activités de gestion de fortune ont affiché un afflux net de capitaux de 35,6 milliards de francs, après des sorties de 18,2 milliards. UBS est en particulier parvenue à attirer des fonds en Asie, dans les pays émergents, ainsi qu’auprès des très grosses fortunes.

Quatrième trimestre difficile

Sur le seul quatrième trimestre, le bénéfice net a atteint 393 millions de francs, 76% de moins qu’un an auparavant. En comparaison trimestrielle, la performance affiche un tassement de 61%, mais la période précédente comprenait nombre d’exceptionnels, dont notamment une perte de 1,85 milliard liée aux transactions non autorisées d’un courtier londonien.

Le résultat du troisième trimestre intégrait aussi une charge de restructuration, des gains sur propre crédit et sur la vente d’investissement de trésorerie, pour un total de 2,1 milliards de francs.

La performance s’est révélée nettement inférieure aux attentes des analystes, lesquels tablaient en moyenne sur un résultat trimestriel avant impôts de 669 millions de francs, alors que celui- ci s’est hissé à 584 millions.

Les investisseurs ont quant à eux sanctionné ces résultats. Vers 14 heures à la Bourse suisse, l’action UBS lâchait 1,74% à 12,98 francs, dans un marché des valeurs vedettes SMI en léger repli de 0,14%.

Investment Bank dans le rouge

Par divisions, l’unité Wealth Management & Swiss Bank, qui regroupe la gestion de fortune et les affaires de banque de détail Suisse, a engrangé un bénéfice avant impôts de 4,6 milliards de francs, contre 4 milliards un an auparavant. Wealth management Americas a renoué avec les chiffres noirs avec un bénéfice avant impôts de 504 millions, contre un débours de 130 millions en 2010.

Source des difficultés d’UBS ces dernières années, la division de banques d’affaires Investment Bank a vu son bénéfice avant impôts chuter à 304 millions l’an passé, contre 2,19 milliards de francs en 2010. Les pertes essuyées aux troisième et quatrième trimestres ont fortement pesé sur la performance.

Dans la gestion d’actifs, Global Asset Management a dégagé un résultat avant impôts de 428 millions, contre 516 millions l’année précédente.

Évoquant l’exercice en cours, UBS s’attend à un premier trimestre difficile, au vu des incertitudes qui continuent de peser sur les marchés financiers. Les améliorations des niveaux d’activité et des volumes de négoces, traditionnelles en début d’année, pourraient ne pas se réaliser entièrement.

(ats)

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