12.12.2019 à 16:23

L'unique porte-avions ravagé par un incendie

Russie

Selon un premier bilan, dix personnes ont été blessées, dont une grièvement, dans l'incendie qui a éclaté à bord du seul porte-avions russe.

Seul porte-avion de la flotte russe, le vieillissant Amiral Kouznetsov n'en est pas à ses premiers déboires.

Seul porte-avion de la flotte russe, le vieillissant Amiral Kouznetsov n'en est pas à ses premiers déboires.

Keystone

Le foyer de l'incendie qui faisait rage jeudi à bord de l'unique porte-avions russe a été localisé et était en cours d'extinction jeudi en fin de journée sur ce bâtiment qui se trouvait à quai à Mourmansk (nord), a indiqué la flotte russe, touchée à nouveau par un incident majeur.

Selon un bilan donné à l'AFP par Alexandra Kondaourova, ministre de l'Information de la région de Mourmansk, «dix blessés sont hospitalisés, dont un dans un état grave».

Dans un communiqué cité par les agences de presse russes, la marine a précisé que la vie des blessés n'était pas en danger et que les pompiers étaient toujours à pied d'oeuvre pour étouffer les fumées se dégageant du navire, plusieurs heures après le début du sinistre.

Plus de 400 personnes à bord

Seul porte-avion de la flotte russe, le vieillissant Amiral Kouznetsov, qui n'est pas à propulsion nucléaire, subit des travaux de réparation et de maintenance depuis 2017, prévus à l'origine pour durer jusqu'en 2021.

C'est le deuxième incident en un peu plus d'un an. Une grue de quinze mètres s'était effondrée en octobre 2018 sur le pont du bâtiment, mettant les pompes à l'arrêt et coulant le dock flottant -- unique en son genre en Russie -- auquel le porte-avions était amarré.

L'agence Ria Novosti, qui cite le chantier naval Zvezdotchka en charge des travaux, assure que le feu a démarré alors que des opérations de soudure étaient en cours.

«On effectuait le remplacement de l'équipement électrique à bord du bateau. Lors d'une soudure, une étincelle est tombée dans une cale où se trouvait du carburant», a expliqué Alexeï Rakhmanov, le président de l'entreprise publique russe United Shipbuilding Corporation (USC) qui possède Zvezdotchka.

Plus de quatre heures après son déclenchement, l'incendie était circonscrit sans pour autant être éteint, a déclaré en début d'après-midi Alexeï Rakhmanov. Le ministère russe de l'Industrie a annoncé à l'AFP que les autorités participeraient à l'enquête et feraint une estimation des dommages une fois que le feu serait éteint.

Plus de 400 personnes se trouvaient sur le navire quand l'incendie s'est déclaré, selon Zvezdotchka. «Tous les travailleurs qui effectuaient des travaux sur le porte-avions ont été évacués», a indiqué l'entreprise USC.

Accidents à répétition

Mis en service en 1990, l'Amiral Kouznetsov a notamment été déployé ces dernières années en Méditerranée dans le cadre de l'intervention russe en Syrie. Au cours de cette mission, deux avions de chasse s'étaient abîmés en mer alors qu'ils tentaient d'apponter sur le navire, les pilotes pouvant à chaque fois s'éjecter et être récupérés.

En 2009, un incendie causé par un court-circuit alors que le porte-avions était ancré au large de la Turquie avait tué un marin.

L'Amiral Kouznetsov n'avait pas subi de réparations majeures depuis 1997. Chacun de ses problèmes relance en Russie le débat sur la construction d'un second porte-avions, jusqu'alors reportée pour des raisons financières.

Les problèmes touchant l'Amiral Kouznetsov ne sont pas isolés: sur les dix dernières années, trois incendies se sont déclarés sur des sous-marins russes en réparation, les experts mettant en cause le non respect récurrent des normes de sécurité sur les chantiers navals russes.

Plus dramatique, 14 sous-mariniers sont morts en juillet 2019 dans l'incendie d'un sous-marin de recherche d'une unité d'élite de la marine russe, alors qu'il menait une mission d'entraînement dans la mer de Barents.

La pire catastrophe qu'ait connue la marine russe depuis la fin de l'Union soviétique est celle du sous-marin nucléaire Koursk, qui a sombré avec 118 hommes en août 2000 à cause de l'explosion d'une torpille. Vingt-trois sous-mariniers avaient survécu plusieurs jours mais étaient morts comme le reste de l'équipage faute d'avoir été secourus à temps. Ce drame a marqué le pays et la manière dont Vladimir Poutine l'avait géré avait été critiquée.

(AFP)

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