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GrèceInculpations attendues de députés néonazis d'Aube dorée

Selon un rapport judiciaire, le parti néo-nazi Aube dorée avait constitué des «milices d'assaut» et menait des opérations de «tabassage» d'immigrés.

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Nikos Michaloliakos, le chef du parti néonazi grec Aube dorée, est placé en détention provisoire. (3 octobre 2013).

Nikos Michaloliakos, le chef du parti néonazi grec Aube dorée, est placé en détention provisoire. (3 octobre 2013).

AFP
Les quatre députés néonazis ont l'interdiction de quitter le pays. (2 octobre 2013)

Les quatre députés néonazis ont l'interdiction de quitter le pays. (2 octobre 2013)

AFP
L'adjoint de Nikos Michaloliakos, le dirigeant d'Aube dorée Christos Pappas a aussi été arrêté. (2 octobre 2013)

L'adjoint de Nikos Michaloliakos, le dirigeant d'Aube dorée Christos Pappas a aussi été arrêté. (2 octobre 2013)

Keystone

L’avenir du parti néonazi grec Aube dorée (Chryssi Avghi) se joue mardi avec le début des présentations devant le juge d’instruction des députés arrêtés ce week-end. Ils devraient être inculpés pour avoir formé une «organisation criminelle».

Un premier groupe de suspects, sur les 22 militants interpellés lors du spectaculaire coup de filet de samedi, a été conduit à 12 heures vers les bureaux des deux magistrats chargés d’instruire le dossier tentaculaire des crimes et délits imputés ces derniers mois au parti néonazi. A partir de 12h30 (13h30 en Suisse) devaient suivre chez les magistrats quatre des six députés d’Aube dorée placés en garde à vue. Parmi eux le porte-parole du parti Ilias Kasidiaris, tenu pour responsable de l’entraînement paramilitaire des militants, et Yiannis Lagos, député du Pirée, connu des services de police et soupçonné de proxénétisme, selon le quotidien «Ta Nea».

Le chef et fondateur du parti, Nikos Michaloliakos, arrêté lui aussi samedi, doit comparaître mercredi, et son adjoint Christos Pappas, jeudi.

«Organisation criminelle»

Dans les heures suivant les arrestations, le parquet a ouvert des poursuites pour constitution, participation et direction d’une «organisation criminelle». Il revient désormais aux juges de se prononcer sur l’inculpation des personnes mises en cause et de mieux cerner la responsabilité de chacun dans le long inventaire de malversations établi par un rapport de la Cour suprême grecque.

Selon ce document sur lequel est basé l’accusation, «des dizaines d’infractions» dont au moins deux meurtres, plusieurs tentatives d’homicide, des violences physiques, des vols ont été commis« par les membres d’Aube dorée.

«J’ai participé à plusieurs reprises à des actions où prenaient part 50 à 60 motos, avec deux personnes sur chacune. Celui qui était à l’arrière tenait un bâton avec le drapeau grec et frappait tous les Pakistanais qu’il rencontrait», a révélé à la justice un témoin et ex-militant.

Un électrochoc

Sur la liste des forfaits attribués au parti et ses affidés figure le meurtre, le 18 septembre près d’Athènes, de Pavlos Fyssas, 34 ans, un musicien antifasciste poignardé par un camionneur membre de Chryssi Avghi, qui a reconnu les faits et a été inculpé.

Ce crime a provoqué un électrochoc en Grèce et précipité la réaction du gouvernement longtemps accusé d’inertie face à la montée de cette formation passée du rang de groupuscule à celui de troisième parti du pays. Entré au Parlement en juin 2012, Aube dorée compte 18 députés.

Un tiers d’entre eux risquent donc d’être placés en détention préventive à l’issue de leur probable inculpation, posant la question de la survie d’Aube dorée. La participation à une »organisation criminelle« est passible de dix ans de prison, selon une source judiciaire.

(ats)

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