10.07.2020 à 05:43

Infecté, Bolsonaro se soigne à l'hydroxychloroquine

Brésil

Le président brésilien, frappé par la Covid-19, a une nouvelle fois vanté les bienfaits du médicament controversé, indiquant en prendre chaque jour un comprimé.

Bolsonaro lors de sa communication hebdomadaire en direct sur Facebook.

Bolsonaro lors de sa communication hebdomadaire en direct sur Facebook.

Le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a annoncé mardi avoir contracté la Covid-19, a déclaré jeudi sur Facebook qu'il allait «très bien» et a de nouveau préconisé l'usage de l'hydroxychloroquine, un médicament controversé.

M. Bolsonaro, 65 ans, est apparu dans sa communication hebdomadaire en direct sur Facebook, réalisée dans sa résidence officielle. Il paraissait en bonne forme et n'était pas accompagné, comme c'est souvent le cas, de ministres ou de hauts fonctionnaires et l'interprète habituelle en langue des signes n'était pas présente.

Le président d'extrême droite a, depuis le début de la crise, relativisé la gravité de l'épidémie et a critiqué les mesures de confinement décidées par les gouverneurs dans les Etats brésiliens, déclarant que la priorité était de ne pas bloquer l'économie du pays.

Efficacité pas prouvée

M. Bolsonaro a déclaré qu'après s'être senti mal à la fin de la semaine dernière, il avait commencé à prendre chaque jour un comprimé d'hydroxychloroquine. Ce médicament qui est à l'origine utilisé pour lutter contre le paludisme est employé dans de nombreux pays pour combattre la Covid-19, mais son efficacité n'est pas formellement prouvée et la question divise profondément la communauté scientifique mondiale.

«Je le dis bien clairement», a déclaré M. Bolsonaro dans sa vidéo. «J'ai pris (de l'hydroxychloroquine) et ça a marché, et je vais très bien, grâce à Dieu. Et que ceux qui la critiquent proposent au moins une alternative». Il a toutefois nié faire «de la propagande pour l'hydroxychloroquine».

«Liberté de la presse»

M. Bolsonaro a déploré dans son intervention la décision mercredi de Facebook de supprimer des comptes liés à lui et à son entourage. Il a nié qu'il y ait «des messages de haine» sur ses comptes ou sur ceux de ses trois fils engagés en politique. «Nous ne pouvons pas perdre la liberté de la presse», a déclaré M. Bolsonaro.

Il a montré des pages internet et des articles de presse réclamant sa mort et des images sur lesquelles il apparaît décapité, et a dit que pour autant lui ne demanderait «la suppression de la page de personne». «Je défie cette presse, en particulier les chaînes de télévision qui donnent de la visibilité à cela, de montrer un texte de haine de moi, une image de haine de moi, sur mon Facebook, sur le Facebook de mes fils», a-t-il dit.

Le Brésil est actuellement le deuxième pays en termes de contaminations à la Covid-19 et de décès liés à cette maladie, derrière les Etats-Unis. Le bilan des morts était jeudi de 69 184, avec une augmentation de 1 224 au cours des 24 heures précédentes.

(AFP)

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