Publié

UEInquiétude autour des possibles abus liés à la libre circulation

Les ministres de l'Intérieur allemand, néerlandais, britannique et autrichien ont exigé jeudi de la Commission européenne qu'elle s'attaque aux abus dans la libre circulation au sein de l'Union européenne.

Le ministre allemand de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich exige que la problématique de la libre circulation soit discutée «à un niveau européen».

Le ministre allemand de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich exige que la problématique de la libre circulation soit discutée «à un niveau européen».

Keystone

«Il s'agit de répondre à une question fondamentale: que signifie la libre circulation ?», a affirmé devant la presse le ministre allemand de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich, en marge d'une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE. Pour lui, la libre circulation ne doit pas être un prétexte à la quête de meilleures prestations sociales dans un autre pays.

Hans-Peter Friedrich exige que la problématique soit discutée «à un niveau européen». Il a proposé qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine rencontre des ministres de l'Intérieur, prévue en juin.

Pour le ministre allemand, les personnes qui, de toute évidence, n'émigrent que pour bénéficier d'aides sociales plus élevées, doivent être expulsées et interdites temporairement d'entrée dans le pays qui les a accueillies. C'est la règle actuellement en vigueur pour les auteurs de crimes.

«Aucun problème»

La Commission européenne a cependant relativisé la portée du problème soulevé par l'Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et l'Autriche.

La commissaire européenne en charge des affaires intérieures Cecilia Malmström a ainsi estimé qu'en temps de crise économique, il est normal que les individus cherchent à améliorer leur situation en quittant leur pays. «Fondamentalement, il n'y a là aucun problème», a-t-elle affirmé en précisant que la Commission défendrait la libre circulation.

Mécanisme à l'étude en Suisse

L'association des villes allemandes avait tiré la sonnette d'alarme en janvier. Elle avait affirmé que l'afflux depuis la Roumanie et la Bulgarie de personnes peu formées et sans protection sociale représente un réel défi, car c'est aux villes d'assumer les coûts liés à leur présence, notamment en matière d'aide médicale et d'hébergement d'urgence.

En Suisse, le Conseil fédéral a demandé en février à l'Office fédéral des migrations (ODM) d'examiner les conditions de création d'un mécanisme de contrôle des abus. Ce mécanisme doit permettre d'évaluer le potentiel des abus liés à l'accord bilatéral sur la libre circulation.

(ats/afp)

Votre opinion