23.07.2020 à 02:42

HongrieInquiétude pour la liberté de la presse

Le limogeage d’un journaliste en Hongrie fait craindre pour la liberté de la presse alors que le nationaliste Viktor Orban a transformé les médias publics en organes de propagande.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Bruxelles le 19 juillet 2020.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Bruxelles le 19 juillet 2020.

AFP

Le rédacteur en chef du principal site d’informations indépendant de Hongrie a été limogé mercredi, faisant craindre une influence croissante du gouvernement sur les médias et un exode massif de la rédaction de ce support.

Szabolcs Dull, rédacteur en chef d’Index.hu, le portail d’informations le plus lu de Hongrie, a été licencié pour avoir divulgué aux médias des documents internes, selon une lettre envoyée par la direction au personnel.

Le mois dernier, Szabolcs Dull a protesté contre une proposition de refonte du site d’informations par ses propriétaires, en déclarant que son indépendance était menacée en raison de «pressions extérieures». Il a affirmé que la liberté du site de publier des articles critiquant le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban était «en grave danger».

Lettre ouverte

«L’indépendance politique d’Index n’est pas menacée», a déclaré pour sa part Laszlo Bodolai, qui dirige la fondation propriétaire de l’éditeur d’Index, dans une lettre adressée mercredi au personnel. Mais le limogeage de Szabolcs Dull a été qualifié d’«inacceptable» par la plupart des quelque 100 journalistes du personnel d’Index qui ont cosigné une lettre ouverte.

Ces frictions au sein du site font suite à l’achat en mars d’une participation de 50% dans l’agence de publicité d’Index par un puissant homme d’affaires pro-Orban, Miklos Vaszily.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, le nationaliste Viktor Orban a transformé les médias publics hongrois en organes de propagande tandis que ses alliés ont régulièrement acquis des pans du secteur privé des médias.

Ces dernières années, la plupart des médias indépendants comme Index ont soit fermé leurs portes, soit été rachetés par des alliés du gouvernement et adopté des lignes éditoriales pro-Orban, tout en recevant des flux lucratifs de publicité d’État. Selon Daniel Szalay, rédacteur en chef du site d’informations Media1.hu, de nombreux journalistes d’Index prévoient désormais de partir pour protester contre le licenciement de leur rédacteur en chef.

(AFP/NXP)

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