Suisse: Internement requis contre l’Irakien accusé de terrorisme

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SuisseInternement requis contre l’Irakien accusé de terrorisme

Mercredi, au 2e jour du procès devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (TI), le procureur a réclamé l’internement contre un homme suspecté de terrorisme.

Une vue du Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone (TI).

Une vue du Tribunal pénal fédéral, à Bellinzone (TI).

Keystone

Le Ministère public de la Confédération (MPC) a réclamé mercredi une peine de prison de 6 ans et 9 mois pour le partisan irakien de l’EI devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Le procureur a également plaidé pour son internement. La défense demande elle l’acquittement et une indemnisation pour la longue détention provisoire.

Le représentant du Ministère public a requis 6 ans et 9 mois contre l’Irakien de 52 ans accusé de soutien à une organisation terroriste après un plaidoyer de quatre heures mercredi matin. Il a de plus exigé l’internement: «c’est le seul moyen de protéger la société de personnes comme lui, a dit Kaspar Bünger mercredi au deuxième jour du procès devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

Le MPC n’avait jamais demandé un internement dans un tel contexte jusqu’ici, mais, en l’espèce, les conditions sont réunies en raison du risque de récidive notamment. «La sécurité du grand public doit peser dans la balance», a déclaré le procureur, qui a encore requis une expulsion du territoire helvétique de 15 ans.

Le MPC accuse l’homme d’avoir agi à de nombreuses reprises depuis la Suisse pour le compte de l’organisation terroriste de l’Etat islamique (EI), notamment en préparant un attentat-suicide. L’homme, arrêté en mai 2017 dans un centre de requérants dans le canton de Thurgovie, a été placé en détention pour des motifs de sûreté depuis cette date.

Indices

L’accusé vit en Suisse depuis 22 ans. «Il n’a jamais eu de travail régulier», a souligné le procureur de la Confédération, qui a également rappelé un jugement de la Cour suprême du canton de Thurgovie. L’accusé a été puni pour violence conjugale pour avoir tenté d’étouffer son ex-femme alors qu’elle voulait se séparer de lui.

Selon le procureur, il ne peut y avoir aucun doute sur son appartenance à Daech et son rôle de chef dans cette organisation. «Il a agi pour des raisons absolument répréhensibles», a dénoncé Kaspar Bünger. La brutalité des vidéos retrouvées chez lui dépassait toute imagination et portait clairement la signature de l’EI.

La veille, l’accusé avait nié toute participation à quelque activité terroriste que ce soit. Le plaidoyer de son avocat de la défense Sascha Schürch mercredi après-midi allait dans le même sens. La défense est convaincue que les conversations par chat ont été complètement «surinterprétées».

Acquittement demandé

Selon l’avocat, le MPC n’a sélectionné que quelques-uns des 26’000 messages et les a interprétés «à sa manière». Par exemple, les allégations selon lesquelles l’accusé voulait inciter sa femme, avec qui il s'est marié via Facebook, à commettre un attentat-suicide au Liban, reposaient sur des preuves minimales et de fausses conclusions.

L’avocat a demandé que l’accusé soit acquitté des principaux chefs d’accusation, en particulier l’appartenance à l’EI et donc de la participation à une organisation criminelle.

Selon lui, l’accusé doit être immédiatement remis en liberté et être indemnisé de 200'000 francs pour plus de 1000 jours d’emprisonnement injustifiés. Un maximum de 10% des frais de procédure devrait lui être imposé. Le jugement sera rendu ultérieurement.

(ATS/NXP)

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