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FranceInterpellation du tueur présumé des gendarmes

Deux femmes gendarmes qui intervenaient pour régler un différend à Collobrières, dans le sud de la France, ont été tuées par arme à feu.

Un important dispositif policier a été mis en place. Un suspect aurait été interpellé.

Un important dispositif policier a été mis en place. Un suspect aurait été interpellé.

Reuters

L’homme, placé en garde à vue après la mort de deux femmes gendarmes dimanche soir à Collobrières (Var), est probablement l’auteur des coups de feu, un simple vol de sac à main semblant être à l’origine de ce drame sans précédent dans l’histoire de la gendarmerie.

"C’est une tragédie (...) A travers ce drame, c’est la République qui est atteinte", a affirmé lundi le président de la République, François Hollande.

Lors d’une conférence de presse à la mi-journée à la mairie de Collobrières, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, après avoir déposé deux énormes gerbes de fleurs sur les lieux du drame, a souligné que "la nation (aurait) sans doute l’occasion dans les jours qui viennent de rendre hommage à ces deux gendarmes".

Un porte-parole de la gendarmerie en région Paca, qui s’est rendu sur place, a évoqué quant à lui "une vive émotion dans la gendarmerie", après la mort en service de cette adjudante célibataire de 29 ans, dont le compagnon est gendarme à Salon-de-Provence, et d’une maréchale des logis chef de 35 ans, mère de deux filles de 5 et 13 ans, toutes deux en poste à Pierrefeu (Var).

L’homme interpellé vers 3 h du matin à proximité de ce village de 2000 habitants, enclavé dans le massif des Maures, est né en 1982 et exerce la profession de maçon, selon une source proche de l’enquête.

Connu des services de police

"C’est très probable que ce soit lui. Les éléments dont nous disposons concourent pour le désigner comme l’auteur des coups de feu", a déclaré le procureur de la République de Toulon, Xavier Tarabeux, en précisant qu’il tiendrait un point-presse à 16 h. Déjà connu des services de police et de gendarmerie, il a été placé en garde à vue et "pour l’instant n’indique rien", a ajouté M. Tarabeux.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les faits ont débuté par le simple vol du sac à main d’une résidente de Collobrières par l’auteur présumé des coups de feu. Celui-ci aurait été aperçu ivre en début de soirée, selon le patron de l’un des trois bars du village.

Le mari de cette habitante frappe alors à la porte du voleur présumé, que lui ouvre sa compagne, alors que la patrouille de gendarmerie, composée des deux femmes gendarmes, arrive.

S’ensuit une rixe assez violente, durant laquelle, après avoir frappé et donné des coups de pied dans la tête de la gendarme mère de famille, le suspect lui subtilise son arme de service, un Sig Sauer de calibre 9 mm, et tire.

L’autre gendarme s’enfuit alors, le suspect lui court après et la tue également, avant de prendre la fuite à pied avec sa concubine et d’être arrêté peu après, ainsi que sa compagne, et placé en garde à vue.

Un «lâche assassinat»

Pour l’UNPRG (Union nationale du personnel en retraite de la gendarmerie), "cette tragédie met l’accent sur la nécessité de disposer des moyens suffisants pour assurer une surveillance continue sur toute l’étendue du territoire".

Dans un communiqué, le syndicat SGP Police-FO, dénonçant un "lâche assassinat", a adressé ses condoléances aux familles des victimes et son soutien à leurs collègues, rappelant qu’une "intervention de police ou de gendarmerie n’est jamais sans risque y compris dans les zones rurales".

L’Unsa Police a également dénoncé, dans un communiqué, "cet acte ignoble et la froideur avec laquelle ces crimes odieux ont été commis", demandant à ce que "tous les +tueurs de flics+" soient condamnés "systématiquement à des peines maximales".

(ats)

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