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Action communeInterpol et les pharmas font la chasse aux faux-médicaments

En collaboration avec une trentaine de sociétés pharmaceutiques mondiales, dont Roche et Novartis, Interpol lance un programme de lutte contre les faux médicaments.

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Interpol a annoncé mardi le lancement d'un programme de lutte contre les faux médicaments, en collaboration avec une trentaine de sociétés pharmaceutiques mondiales, dont Roche et Novartis. Celles-ci investiront 4,5 millions d'euros (5,5 millions de francs) sur trois ans dans ce projet.

«Sensibiliser le public»

Ce programme vise à «sensibiliser le public aux dangers des faux médicaments, en particulier les acheteurs de médicaments sur Internet», indique Interpol dans un communiqué. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), «dans plus de 50% des cas, les médicaments achetés sur des sites Internet illégaux dissimulant leur adresse physique sont des produits de contrefaçon», ajoute l'organisation basée à Lyon.

«Ce soutien (...) marque un rapprochement entre les secteurs public et privé. Il aidera Interpol et chacun de ses 190 pays membres à lutter plus efficacement contre le problème de la contrefaçon des produits médicaux», estime le secrétaire général de l'organisation policière, Ronald K. Noble, cité dans le communiqué.

Outre les deux grands laboratoires bâlois, des groupes comme Bayer, GlaxoSmithKline, AstraZeneca, Bristol-Myers Squibb, Merck & Co, Merck KGaA, Sanofi ou Abbott figurent parmi les signataires de l'accord. Le programme commun doit allier formation, renforcement des capacités et actions de répression ciblées.

Interpol cherche à identifier et démanteler des réseaux de criminalité organisée qui sont associés à cette activité générant chaque année des profits s'élevant à des millions de dollars.

Depuis cinq ans, Interpol organise déjà des opérations de saisie concentrées sur une semaine à travers le monde. Lors de «Pangea V» à la fin de l'année dernière, les services de police et des douanes d'une centaine de pays avaient ainsi saisi 3,75 millions de doses de médicaments contrefaits vendus sur internet, d'une valeur de 10,5 millions de dollars, soit un nouveau record.

En Suisse, plus d'une centaine d'envois de médicaments dangereux avaient été saisis durant cette opération et les autorités avaient ordonné la fermeture de treize sites internet commercialisant des produits thérapeutiques illégaux.

Dizaines de morts

Du sirop de contrefaçon contre la toux et d'autres médicaments contenant du diéthylène-glycol ont été la cause de huit empoisonnements de masse à travers le monde, dont au Panama en 2006, qui a fait plus d'une centaine de morts, dont de nombreux enfants, rappelle Interpol.

En 2012, au Pakistan, quelque 109 patients atteints de maladies cardiaques sont aussi morts après avoir absorbé un faux médicament.

(ats)

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