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GUERRE CIVILEIrak: Obama autorise des frappes ciblées pour éviter un «génocide»

Le président Barack Obama a annoncé jeudi qu'il avait autorisé des frappes militaires ciblées en Irak pour protéger le personnel américain sur place.

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L'Iran a arrêté 27 personnes soupçonnées de préparer des attentats. (7 août 2017)

L'Iran a arrêté 27 personnes soupçonnées de préparer des attentats. (7 août 2017)

archive/photo d'illustration, AFP
La Royal Air Force bombarde une base de l'EI. Deux avions britanniques ont participé à un bombardement de la coalition lundi contre un ancien palais de Saddam Hussein, devenu l'un des quartiers généraux de Daech ainsi qu'un centre d'entraînement pour terroristes étrangers», explique le ministère britannique dans un communiqué. (3 août 2016)

La Royal Air Force bombarde une base de l'EI. Deux avions britanniques ont participé à un bombardement de la coalition lundi contre un ancien palais de Saddam Hussein, devenu l'un des quartiers généraux de Daech ainsi qu'un centre d'entraînement pour terroristes étrangers», explique le ministère britannique dans un communiqué. (3 août 2016)

DR/Twitter
Selon les renseignements kényans, une centaine de Kényans ont rejoint les rangs de l'EI en Libye et en Syrie.

Selon les renseignements kényans, une centaine de Kényans ont rejoint les rangs de l'EI en Libye et en Syrie.

DR/Photo d'illustration, AFP

Le président Barack Obama a annoncé jeudi avoir autorisé des frappes aériennes ciblées dans le nord de l'Irak. L'objectif est de protéger le personnel américain et d'éviter un éventuel «génocide» perpétré par les djihadiste de l’État islamique.

«J'ai autorisé des frappes ciblées si nécessaire pour aider les forces irakiennes qui se battent pour (...) protéger les civils qui sont coincés», a déclaré M. Obama depuis la Maison Blanche. Un responsable américain a cependant indiqué peu après, sous couvert de l'anonymat, qu'aucune frappe n'avait encore eu lieu.

Fuite des chrétiens

Sur place, dans le nord de l'Irak, des dizaines de milliers de chrétiens et de Yazidis ont été poussés à fuir face à l'avancée des extrémistes sunnites. Les Yazidis, une communauté kurdophone pré-islamique considérée par les djihadistes comme «adoratrice du diable», se sont retrouvés piégés, sans eau ni nourriture, dans les montagnes désertiques environnantes.

«Nous pouvons agir, de façon responsable et prudente, pour éviter un éventuel acte de génocide», a ajouté M. Obama. Si les djihadiste avancent vers Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien, ils seront visés par les frappes, a-t-il mis en garde.

Cardinal envoyé pour soutenir les chrétiens

Signe de l'inquiétude internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit jeudi "scandalisé" par le sort des Yazidis et des chrétiens, et le Haut Commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme a mis en garde vendredi contre "un crime contre l'humanité", appelant "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour la protection des civils.

Le pape François, qui a lancé un appel urgent à la communauté internationale pour "protéger" les populations en fuite, a décidé d'envoyer auprès d'elles le cardinal Fernando Filoni, ancien nonce en Irak.

Les djihadiste se sont emparés jeudi de Qaraqosh, la plus grande cité chrétienne d'Irak et d'autres zones près de Mossoul, la deuxième ville du pays.

Le patriarche chaldéen Louis Sako a fait état de 100.000 chrétiens jetés sur les routes. La plupart sont partis vers le Kurdistan.

Aide aux Kurdes

Selon un haut responsable de l'administration Obama, les Etats-Unis s'activent déjà pour aider militairement les Kurdes irakiens, rapporte Reuters. Les islamistes ne seraient plus qu'à une demi-heure de route d'Erbil.

Le vice-président américain Joe Biden s'est entretenu jeudi par téléphone avec Massoud Barzani, le président du Kurdistan irakien, a fait savoir de son côté la Maison Blanche. En première ligne depuis l'offensive lancée par les djihadistes début juin, les autorités kurdes irakiennes multipliaient les appels pour obtenir une assistance militaire des Etats-Unis.

Vivres parachutés

Le président américain, qui s'exprimait à la Maison Blanche à l'issue d'une réunion de son équipe de sécurité nationale, a confirmé qu'il avait également ordonné le parachutage de vivres aux populations menacées par l'avancée des extrémistes sunnites.

Les États-Unis ont parachuté jeudi de la nourriture et de l'eau à «des milliers d'Irakiens» à Sinjar, bastion de la minorité yazidie. Un responsable a affirmé que Washington procéderait à de nouveaux largages si nécessaire.

«Au cours des derniers jours, des femmes, des hommes et des enfants ont fui cette zone et des milliers, peut-être des dizaines de milliers d'entre eux, se cachent sur la montagne avec seulement leurs habits sur le dos. Ils sont sans nourriture, sans eau», a affirmé M. Obama. «Ils meurent de faim, les enfants meurent de soif.»

«L'Amérique va aider»

«Nous sommes confrontés à une situation où des innocents pourraient être victimes de violences terribles. Les Etats-Unis nepeuvent détourner le regard», a-t-il poursuivi. «Cette semaine, un Irakien de la région a lancé un appel au monde, déplorant que personne ne vienne en aide (aux civils). Aujourd'hui, l'Amérique arrive pour aider», a-t-il ajouté.

M. Obama a cependant assuré qu'il ne laisserait pas les Etats-Unis se faire entraîner «dans une autre guerre en Irak», réaffirmant qu'il n'enverrait pas de troupes au sol, deux ans et demi après le retrait des soldats américains du pays. «Il n'y a pas de solution militaire américaine à la crise en Irak», a-t-il martelé.

Conseil «scandalisé»

Signe de la vaste mobilisation internationale, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit «scandalisé» par l'avancée des djihadistes, lors d'une réunion convoquée en urgence jeudi soir à New York.

Les 15 pays membres ont apporté leur soutien à Bagdad dans sa lutte contre l'Etat islamique et invité «la communauté internationale à soutenir le gouvernement et le peuple d'Irak et à faire tout ce qui est possible pour aider à soulager les souffrances de la population».

Selon le patriarche chaldéen Louis Sako, 100'000 chrétiens ont été poussés sur les routes «avec rien d'autre que leurs vêtements sur eux» après la prise de Qaraqosh et d'autres villes de la région de Mossoul (nord). A l'instar de Barack Obama, Mgr Sako a dit redouter un «génocide».

Poussés par la panique

Les Etats-Unis s'étaient dit prêts à renvoyer des conseillers militaires après avoir retiré tous leurs soldats en 2011.

«On est piégé parce qu'on a été trop attentiste», estime Jean-Charles Brisard, critique également à l'égard de la France qui fait du «cosmétique», en facilitant l'accueil de chrétiens persécutés d'Irak en France. La mesure avait été annoncée fin juillet par les autorités françaises.

«La panique s'est emparée du nord-ouest de l'Irak», affirme l'ONG Amnesty Internatinal qui parle de dizaines de milliers de personnes en fuite. Selon Donatella Rovera, sa représentante --qui est actuellement dans la région et qui décrit la fuite des résidents et de ceux qui avaient déjà été déplacés-- leur situation, «particulièrement celle des minorités Yazidi et chrétienne, devient de plus en plus désastreuse».

Ci-dessous, les images d'Euronews:

(ATS/AFP/Reuters)

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