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CinémaIrrésistible Sherlock Holmes!

Jude Law et Robert Downey Jr incarnent de nouveau le magnifique tandem du polar britannique.

par
Anne-Sylvie Sprenger
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Il est de coutume de s'attendre au pire lorsqu'un film remet le couvert pour un deuxième, voire un troisième opus. Et le risque d'une déception est souvent mathématiquement proportionnel au plaisir que l'on a eu à découvrir la première réalisation… Avec «Sherlock Holmes 2, jeu d'ombres», Guy Ritchie échappe à la règle et nous bluffe d'un coup de génie. Quatre raisons de s'enthousiasmer.

Les ambiances Plus que de simples décors historiques, la réalisation nous fait prendre le pouls d'une époque. On y flaire les atmosphères inquiétantes des ruelles de Londres du XIXe siècle, des marchés désordonnés où se presse la foule au soufre de ces tavernes nocturnes, où se mêlent jeux d'argent et diseuses de bonne aventure. Et puis, de l'autre côté, l'hypocrisie d'une société bourgeoise qui se dit bien sous tous rapports, entre monde académique guindé et restaurants chics. Une atmosphère particulière qui dessine dès les premiers instants du film pour nous emporter ensuite vers un diaporama éclatant, de la France à l'Allemagne pour finir dans une très fantasmatique image de la Suisse…

Les personnages Les retrouvailles entre Robert Downey Jr et Jude Law dans le célèbre tandem Sherlock Holmes-Watson réservent réellement de délicieux moments, entre ironie et tension amusée. Il faut dire que lorsque commence le film, Sherlock Holmes commet l'impardonnable impair d'oublier qu'il devait organiser l'enterrement de vie de garçon de son indéfectible complice! Une fâcherie bien vite oubliée dans une soirée alcoolisée mémorable mais qui reprendra lorsque le détective fantasque s'invitera au voyage de noces du jeune couple. Jude Law se décompose, Robert Downey en rajoute une couche: irrésistible!

L'humour Bien sûr, le film est catalogué dans la section film d'aventures et policier. Il n'en ressort pas moins que cet opus est une véritable comédie déjantée, à l'humour aussi subtil que désopilant. Il y a d'abord les répliques toujours cinglantes de Sherlock Holmes, aussi vives qu'ironiques, dont une partie d'échecs mentale magistrale. Il y a également ces scènes incroyablement cocasses, comme le jeté de mariée depuis le train, ou une scène déjà mythique d'affrontement, entre travestissements et culbutes pour le moins équivoques… On adore.

Le suspense Malgré ces incessants jeux d'humour, l'opus n'en oublie pas moins son objet: une enquête rondement ficelée, où les pièges de l'ennemi s'enchaînent dans une fureur et un crescendo diabolique. Aucun temps mort. Mais des épisodes successifs de tension, d'inquiétudes et d'élucidations ingénieuses. Ce «Sherlock Holmes 2» a résolument des allures de montagnes russes. Entre tensions et apaisement. Grosses frayeurs et vrais fous rires.

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