18.10.2020 à 07:50

EspagneIsabel Diaz Ayuso, nouveau visage de l’opposition à Pedro Sanchez

À 42 ans, la nouvelle présidente de la communauté de Madrid se retrouve sur le devant de la scène en raison de la pandémie qui frappe très fort la capitale espagnole.

Ancienne journaliste et diplômée en communication politique, Isabel Diaz Ayuso est très critique envers le gouvernement socialiste.

Ancienne journaliste et diplômée en communication politique, Isabel Diaz Ayuso est très critique envers le gouvernement socialiste.

AFP

Après avoir animé le compte Twitter du chien de l’une de ses prédécesseurs, la présidente de la région de Madrid Isabel Diaz Ayuso a acquis une nouvelle envergure pour s’imposer comme le nouveau visage de l’opposition de droite à Pedro Sanchez.

Ses attaques virulentes contre le gouvernement du Premier ministre socialiste et le bouclage partiel imposé à Madrid pour freiner l’épidémie de Covid-19 ont propulsé sur le devant de la scène cette ancienne journaliste qui a fêté samedi ses 42 ans.

Membre du Parti populaire (PP, droite), Diaz Ayuso a pris la présidence de la région il y a à peine plus d’un an, six mois avant le début de la pandémie, qui a particulièrement touché la capitale espagnole.

Plongée dans cette crise majeure sans grande expérience politique, elle a imposé son goût prononcé pour la confrontation.

À la tête de la région la plus riche d’Espagne, la quadragénaire a été vivement critiquée pour son manque de réaction face au virus, dont la deuxième vague s’est propagée à une vitesse galopante dans la région.

Gouvernement trop autoritaire

Des reproches balayés par Diaz Ayuso qui a rejeté la faute sur le gouvernement Sanchez, accusé de manipuler les chiffres pour justifier le bouclage de la capitale imposé début octobre.

«Voilà notre malheur: avoir le gouvernement le plus autoritaire de l’histoire de la démocratie» espagnole, a-t-elle affirmé au quotidien El Mundo.

«Le gouvernement est le champion incontestable des mensonges», a-t-elle poursuivi, estimant que la gauche semait volontairement le «chaos» pour «changer le pays en douce». Télégénique, la brune aux cheveux ondulés incarne la ligne dure du PP.

Elle s’est notamment farouchement opposée l’an dernier à l’exhumation par le gouvernement Sanchez du dictateur Francisco Franco de son mausolée.

«Que va-t-il se passer ensuite? Ils vont brûler des églises comme en 1936?» avait-elle lancé, en référence à la Guerre civile espagnole (1936-1939).

Vraie leader de l’opposition

Sa stratégie de confrontation agressive avec la gauche divise mais lui a permis d’occuper l’espace médiatique, estime Pablo Simon, professeur de Sciences politiques à l’Université Carlos III de Madrid.

«En s’opposant au gouvernement, elle impose son rythme et beaucoup la voient déjà comme la vraie leader de l’opposition», juge-t-il.

À ses débuts, Ayuso ne s’occupait pourtant que du compte Twitter de Pecas, le chien de la présidente régionale de l’époque, Esperanza Aguirre.

«Incontrôlable, libéral, séduisant», peut-on lire sur le profil du Jack Russell Terrier dont les réflexions canines sur l’actualité étaient alors publiées par Diaz Ayuso, diplômée en communication politique.

Ancienne journaliste

Née à Madrid le 17 octobre 1978, elle a étudié le journalisme dans la capitale espagnole. Et après plusieurs années à s’essayer au journalisme sportif ou à travailler en Irlande et en Equateur, elle a rejoint le mouvement de jeunesse du PP, alors dirigé par Pablo Casado, l’actuel leader du parti.

Élue députée régionale en 2011, la jeune femme a creusé son sillon au sein du parti jusqu’à ce que Casado crée la surprise en la choisissant comme tête de liste aux élections régionales de mai 2019.

Le PP y est battu pour la première fois en plusieurs décennies mais la gauche ne parvient pas à former une majorité et Diaz Ayuso prend la présidence grâce au soutien des libéraux et de l’extrême droite.

En la choisissant, Casado cherchait «quelqu’un de contrôlable», explique Pablo Simon. Mais à présent, on ignore si «elle est d’accord avec lui ou si elle poursuit ses propres objectifs».

«Sa stratégie et son style politique divisent», ajoute-t-il, en soulignant que certains militants jugent que cela nuit à l’image plus modérée que tente d’incarner le parti. D’un autre côté, son bras de fer avec Sanchez sur la gestion de la pandémie a braqué les projecteurs sur elle.

«Toute personne étant à la tête du gouvernement régional de Madrid semble plus important qu’il ou elle n’est réellement», relativise Roger Senserrich, du site d’analyse politique Politikon.

«Diaz Ayuso fait beaucoup de bruit, non pas parce que c’est une bonne politicienne mais parce qu’elle est près du micro» de tous les médias nationaux et internationaux présents à Madrid.

(AFP/NXP)

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