Interview indiscrète: Isabelle Boulay: «J'étais amoureuse de Belmondo»

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Interview indiscrèteIsabelle Boulay: «J'étais amoureuse de Belmondo»

La chanteuse qui vient de sortir un nouvel opus ne nous a rien caché. Même ses amours de jeunesse. Rencontre.

par
Fabio dell'Anna
Sony

Lorsque vous parlez à Isabelle Boulay, elle aime prendre son temps. Chaque réponse est réfléchie et enrichie de plusieurs exemples. Comme lorsqu'elle nous parle de son titre «Un garçon triste» écrit par Carla Bruni. Elle nous sort son téléphone et nous fait écouter l'appel de l'ex-première dame de France chantant cette belle ballade. On s'évade. «On m'a toujours dit que je suis une bavarde. J'aime sociabiliser, je n'y peux rien», nous a-t-elle confié. Tant mieux. On ne voit pas le temps passer avec la Québécoise de 44 ans.

ISABELLE BOULAY, QUI ÊTES-VOUS? Je suis une fille intense dans laquelle il y a pas mal de gravité, beaucoup de transparence et énormément de joie profonde. J'ai gardé l'espièglerie de mon enfance.

VOTRE TOUT PREMIER SOUVENIR? C'est la voix de Nana Mouskouri qui chantait «Coucouroucoucou Paloma». Je devais avoir 10 mois. Ma mère m'en parle souvent et j'ai un souvenir précis de moi dans le berceau.

ÉTIEZ-VOUS UNE ENFANT SAGE? J'étais très sage, mais à l'école je m'ennuyais beaucoup. Par exemple, ma mère me lisait énormément de livres avant d'aller me coucher et j'avais appris à lire avant tout le monde.

ENFANT, DE QUOI AVIEZ-VOUS PEUR? De beaucoup de choses. J'avais peur des requins, des baleines, des clowns, des gorilles… Même si quelqu'un portait un costume. Je me souviens de cet homme qui, déguisé en singe, courait à travers la foule dans un cirque. J'en ai encore des sueurs froides. Si ça m'arrive aujourd'hui, je me défenestre, je deviens dingue. (Rires.)

DANS L'ENFANCE, QUEL FUT VOTRE PLUS GRAND CHOC? Mon oncle était bipolaire. Je l'aimais beaucoup. Malheureusement, à l'époque les médicaments n'étaient pas encore au point, et quand il entrait en crise, il vociférait. Un jour, mon père devait aller chercher ma maman au restaurant familial. Il m'a laissée seule devant la télévision et avait averti ma grand-mère, dont la porte d'entrée était juste derrière le fauteuil dans lequel j'étais assise. Dès le moment où mon papa est parti, mon oncle a débarqué chez ma grand-mère, lui a lancé une pierre et a commencé une énorme crise.

VOTRE MÈRE VOUS DISAIT-ELLE «JE T'AIME»? Je ne me souviens pas. C'est une époque où les parents étaient beaucoup plus réservés. Je sentais qu'elle m'aimait mais… (Elle s'arrête un long moment.) Je le dis beaucoup à mon fils (ndlr: Marcus, 9 ans), car inconsciemment je pense que ça a dû me manquer de ne pas l'entendre.

COMMENT AVEZ-VOUS GAGNÉ VOTRE PREMIER ARGENT? À 7 ans, j'avais gagné un concours d'amateurs. J'étais allée avec une cousine chez sa famille et ils m'y ont inscrite. Après la victoire, l'organisateur m'avait donné une bouteille de vin. Je lui ai demandé si c'était possible de recevoir plutôt un sac de chips et une orangeade? Il m'a en plus proposé 5 dollars. C'était correct!

QUE VOULIEZ-VOUS DEVENIR? Je rêvais d'être professeure de littérature. Mais heureusement, je suis devenu chanteuse… Cela demande tellement de patience. J'ai remarqué avec mon fils, qu'il faut sans cesse répéter les mêmes choses.

L'AMOUR POUR LA PREMIÈRE FOIS. C'ÉTAIT QUAND ET AVEC QUI? J'étais tombée amoureuse de Jean-Paul Belmondo, j'avais 4 ans. Mon père m'avait demandé ce que je voulais pour mon anniversaire et je lui avais dit: «J'aimerais que Jean-Paul Belmondo vienne chez nous.» J'étais persuadée que c'était possible. Je l'ai attendu toute la journée. Il y a même une photo de moi triste dans la cuisine. C'est une des premières choses que je lui ai racontée lorsque je l'ai rencontré. Il a bien ri.

VOTRE PLUS BELLE QUALITÉ? La loyauté.

VOTRE PLUS GRAND REGRET? De ne pas m'être écoutée suffisamment dans ma vie. Mais je n'ai pas beaucoup de regrets.

AVEZ-VOUS DÉJÀ VOLÉ? Mon père avait une armoire à épices où il rangeait sa petite monnaie. Et comme tout enfant, j'adorais les bonbons. J'ai alors volé une pièce et je suis allée m'en acheter chez mon oncle. Je suis revenue la bouche toute noire. Mon père avait tout de suite compris et m'a renvoyé rendre les friandises.

SI VOUS AVIEZ LE PERMIS DE TUER QUELQU'UN, QUI SERAIT-CE? Je tuerais seulement si je suis défendue par Éric Dupond-Moretti. (Elle éclate de rire car il s'agit de son compagnon.) Je ne peux pas nommer la personne, mais c'est quelqu'un qui a fait du mal à des enfants… En même temps, je ne pourrais pas tuer quelqu'un. Si cela devait arriver, ce serait dans un accès de rage, à mains nues. Mais pas avec une arme.

AVEZ-VOUS DÉJÀ MENTI À LA PERSONNE QUI PARTAGE VOTRE VIE? Oui. Je voulais lui organiser une fête surprise pour son anniversaire. Il ne devait pas savoir que des gens étaient invités. Il m'a dit que j'avais très mal menti. (Rires.)

AVEC QUI AIMERIEZ-VOUS PASSER UNE AGRÉABLE SOIRÉE? Avec le pape François. Je l'aime beaucoup. Il va presque me redonner la foi.

QUI TROUVEZ-VOUS SEXY? Mon amoureux. Je le trouve vraiment sexy. Je lui dis qu'il est beau, mais il ne me croit pas. Il me dit: «Je préfère que tu me dises que je suis séduisant.» Mais je le trouve très beau et terriblement sexy. Et puis il sent bon…

POURQUOI AVEZ-VOUS PLEURÉ LA DERNIÈRE FOIS? D'impuissance. Car j'avais fait de la peine à quelqu'un sans le vouloir.

AVEZ-VOUS DÉJÀ FRÔLÉ LA MORT? Oui, j'ai fait un choc anaphylactique car je suis allergique à plusieurs choses comme la moutarde, les noix, les amandes, le poisson… Cela doit être une punition divine. (Rires.) Et j'ai failli me faire frapper par un bus au Canada. Un garçon m'a retenu. Je me rappelle avoir senti le vent passer.

CROYEZ-VOUS EN DIEU? J'espère y croire de nouveau.

QUEL EST VOTRE PÉCHÉ MIGNON? Les chips sel et vinaigre de la marque Cape Cod. Mon fils adore ça aussi et quand je reviens de mes voyages en Europe, notre rituel c'est de s'asseoir et d'en manger un grand bol.

TROIS OBJETS QUE VOUS EMMENEZ SUR UNE ÎLE DÉSERTE? Un lecteur CD, plusieurs livres que je n'ai pas encore lus et une barque pour revenir le plus rapidement possible.

PENSEZ-VOUS QUE VOUS GAGNEZ ASSEZ PAR RAPPORT AU TRAVAIL QUE VOUS FOURNISSEZ? Oui, c'est un échange de bons procédés. Maintenant, oui.

QUI AIMERIEZ-VOUS VOIR RÉPONDRE À CE QUESTIONNAIRE? Benjamin Biolay.

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