Berne - Isabelle Chevalley au secours de la bécasse des bois
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BerneIsabelle Chevalley au secours de la bécasse des bois

Le célèbre oiseau au long bec est sur la liste rouge en Suisse, mais on peut toujours le chasser, car il n’est pas menacé au plan international. La Vaudoise demande des comptes à l’Office fédéral de l’environnement.

par
Eric Felley
La bécasse des bois: un oiseau très typé, facile à reconnaître avec son long bec, à condition d’avoir la chance d’en voir une.

La bécasse des bois: un oiseau très typé, facile à reconnaître avec son long bec, à condition d’avoir la chance d’en voir une.

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Combien y a-t-il de bécasses des bois qui nichent en Suisse? Où sont-elles? Peut-on continuer à chasser cet oiseau sympathique pourtant classé sur la liste rouge des espèces menacées en Suisse? Ce sont les questions que pose Isabelle Chevalley (VL/VD) au Conseil fédéral, plus particulièrement à l’Office fédéral de l’environnement. Celui-ci avait lancé une large étude sur ce volatile au long bec en 2014. Elle a trouvé un rapport intermédiaire pour les années 2015-2017, puis plus rien.

«Si le projet a été terminé en 2017, s’interroge la Vaudoise, pourquoi les résultats n’ont été disponibles ni pour les débats du Parlement sur la loi sur la Chasse, ni pour les discussions avant la votation?» Dans la loi sur la chasse, refusée par le peuple, il avait été prévu de prolonger l’interdiction de la chasse à la bécasse du 16 septembre au 15 octobre: «Selon les résultats du projet disponibles à ce moment, est-ce que cette mesure était suffisante ou au moins efficace pour la protection des populations nicheuses suisses de cette espèce? Par cette mesure, quel pourcentage de bécasses aurait pu être évité d’être tirées?»

Chaque année on estime entre 1000 et 2500 spécimens abattus en Suisse, en particulier au Tessin. À titre de comparaison, quatre millions de bécasses sont tirées chaque année dans toute l’Europe, dont environ 1 million en France. Les bécasses des bois sont des oiseaux migrateurs, mais certaines sont des nicheurs indigènes. Pour les observateurs, ce n’est pas évident de faire la différence. Cela nécessite des captures et l’analyse des plumes. «La chasse d’une telle espèce en danger ne devrait être tolérée que si la science montre clairement que celle-ci n’a pas d’effet négatif sur les effectifs de bécasses nicheuses en Suisse», affirme Isabelle Chevalley.

La Fondation Franz Weber s’est intéressée également au sort de la bécasse des bois. Selon elle: «La population compte 1000 à 4000 mâles dans le Jura, les Préalpes et les vallées alpines. Pour des raisons que l’on ignore, la population a largement disparu du plateau suisse.» La fondation constate: «Certains cantons ont restreint la chasse à deux oiseaux par jour et par chasseur. On ignore combien de personnes pratiquent cette chasse, qui est une activité purement sportive et récréative – une régulation des effectifs n’est pas nécessaire car il n’y a pas de conflits entre les humains et les animaux.»

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