Justice: Isabelle Chevalley porte l'affaire Légeret à Berne

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JusticeIsabelle Chevalley porte l'affaire Légeret à Berne

La conseillère nationale a déposé une interpellation au Conseil fédéral. Elle s'étonne qu'un procureur puisse décider seul de ne pas entendre un témoin crucial dans une telle affaire.

par
Eric Felley
Isabelle Chevalley s'étonne qu'un procureur puisse décider seul de ne pas entendre un témoin crucial dans une affaire telle que Légeret.

Isabelle Chevalley s'étonne qu'un procureur puisse décider seul de ne pas entendre un témoin crucial dans une affaire telle que Légeret.

Keystone

«En tant que politique, je veux être certaine d'avoir tout fait pour ne pas laisser passer une injustice, car dans cette affaire, j'ai l'intime conviction que nous avons un innocent en prison». Alors que le Bureau du Grand Conseil vaudois refuse d'ouvrir une enquête contre le procureur vaudois Eric Cottier, la conseillère nationale Isabelle Chevalley (Vert'libéraux/VD) porte l'affaire Légeret à Berne devant le Conseil fédéral: «Je respecte la séparation des pouvoirs, mais quand le système dysfonctionne, il faut comprendre pourquoi. Comment, dans notre système judiciaire, un procureur peut de son propre chef refuser d'entendre un témoin clef ? Si la loi le lui permet, alors il faut changer la loi».

Une question d'heure

Pour rappel, François Légeret a été condamné pour le meurtre de sa mère, d'une amie de celle-ci et de sa sœur (dont le corps n'a pas été retrouvé) à fin décembre 2005. Il a toujours clamé son innocence. Il a été condamné une première fois à la prison à vie en juin 2008, puis une deuxième en mars 2010. Selon la justice, ce triple homicide a été commis le 24 décembre 2005 vers midi par François Légeret. Mais une boulangère avait assuré avoir servi ce jour-là Ruth Légeret et sa fille juste avant la fermeture de 17 heures. Son témoignage avait abouti à un deuxième procès, mais le procureur Eric Cottier avait démonté ce témoignage.

Le deuxième témoignage

Un second témoignage d'une dame de Vevey, aujourd'hui âgée de 93 ans, est apparu en 2017, disant qu'elle avait vu aussi ce 24 décembre Mme Légeret et sa fille à la même heure que la boulangère (aujourd'hui décédée). C'est ce témoignage que le procureur Eric Cottier ne veut pas entendre et qui pourrait disculper François Légeret, qui du fond de sa prison continue de clamer son innocence. Isabelle Chevalley s'insurge: «De quel droit le procureur peut-il refuser d'entendre un témoin crucial ? N'est-ce pas une faille du système qui engendre des erreurs judiciaires? Est-ce que le principe du «doute doit profiter à l'accusé» est de vigueur dans notre pays?»

Le Conseil fédéral a trois mois pour répondre à son interpellation, très probablement par le biais du Département fédéral de justice et police de Karin Keller-Sutter. «J'espère que l'on peut avoir des réponses rapidement, avant que la personne qui veut témoigner ne meure», conclut-elle.

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