20.11.2020 à 17:03

CommentaireIsabelle Chevalley, une alliée bien encombrante

Son engagement dans la campagne contre l’initiative «Pour les entreprises responsables» sonne comme une trahison à gauche.

von
Eric Felley
L’année dernière lors des élections au Conseil national, Lisa Mazzone (Verts/GE), Ada Marra (PS/VD) et Isabelle Chevalley (VL/VD) dans les coulisses de l’émission Infrarouge.

L’année dernière lors des élections au Conseil national, Lisa Mazzone (Verts/GE), Ada Marra (PS/VD) et Isabelle Chevalley (VL/VD) dans les coulisses de l’émission Infrarouge.

KEYSTONE

Contre le glyphosate, contre les OGM, contre l’énergie nucléaire, pour les énergies renouvelables, pour la promotion de l’économie circulaire, contre les plastiques, contre le gaspillage, contre la maltraitance des animaux, etc. Ce sont autant de combats qu’a menés la conseillère nationale Isabelle Chevalley (VL/VD) à Berne depuis qu’elle y siège en 2011. Sur ces questions, elle a toujours pu compter sur le soutien des Verts et des socialistes.

Aujourd’hui son engagement dans la campagne contre l’initiative «Pour les entreprises responsables» sonne comme une trahison à gauche, d’autant plus que cette initiative vise à donner des armes juridiques aux laissés-pour-compte de la mondialisation, notamment ceux qui se battent contre les OGM ou les pesticides vendus par les multinationales. Mais c’est vrai qu’Isabelle Chevalley est bien de droite. En 2017, sa candidature aux côtés de Jacques Nicolet (UDC/VD) pour le Conseil d’État vaudois, avait rappelé son étiquette libérale. Elle se lançait cependant dans le cadre d’une élection cantonale polarisée et vite oubliée à Berne.

Depuis qu’elle s’est mise au service d’EconomieSuisse, elle pousse le bouchon un peu plus loin, un peu trop loin. Qu’elle soit sceptique, particulièrement sur la base de son expérience en Afrique, pourquoi pas, mais qu’elle mette un tel zèle à combattre une proposition visant à mieux défendre l’environnement, c’est difficilement compréhensible.

La conseillère nationale Ada Marra (PS/VD) lui a écrit une lettre ouverte cette semaine pour lui dire son agacement sur le fait qu’elle avait caché ses liens officiels avec le gouvernement du Burkina Faso. «Chère Isabelle je te sais sincère dans ton engagement. C’est peut-être ta passion qui te fait être mal clairvoyante… La passion n’est pas toujours bonne conseillère. Cette fois, elle est même choquante».

Isabelle Chevalley lui a répondu que son engagement en Afrique était connu depuis longtemps: «Si je suis partie prenante d’un quelconque camp, c’est celui de la réalité du terrain. C’est cette passion que tu mentionnes, qui anime mon implication. La passion de la vérité dans une campagne qui n’a pas toujours été exemplaire à cet égard».

Laquelle des deux sera dans le camp du vainqueur le 29 novembre? L’issue est incertaine. Mais en s’engageant ainsi, Isabelle Chevalley a sans doute perdu quelques allié(e) s au Parlement, et il n’est pas certain qu’elle en ait gagné d’autres.

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59 commentaires
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Ray

21.11.2020 à 22:50

Cet article est un commentaire. Il semble payé par les ONG qui ont mis quelque 15 millions dans cette campagne. Et si cet argent avait été utilisé pour aider à la croissance dans les pays que ces ONG trouvent si sous-développés qu'ils ne les autorisent pas à rendre justice eux-mêmes? Isabelle Chevalley a raison. Elle défend des personnes... pas des idéologies et le big business de l'humanitaire. Évidemment, les bien pensants ne peuvent pas aimer cela.

Citoyen

21.11.2020 à 22:16

Enfin réunies sur une seule photo, les trois femmes politiques que je déteste le plus !

Domi

21.11.2020 à 20:36

Mme Chevalley est l’exemple-même de l’engagement sur le terrain et l’expérience qu’elle en tire crée son jugement. Tout le contraire de ces poseurs de salon (Marty en tête, Marra en queue), qui voient ses arguments porter et l’avance dans les sondages fondre. Cette initiative n’améliorera en rien le sort des personnes sur le terrain mais ne fera que faire du buzz et servir d’attrape-argent pour les ONG porteuses de pêts et leurs avocats. C’est plus simple de s’attaquer aux entreprises suisses qu’aux chinoises, en Chine et en Afrique. Mais c’est non pour l’égo.