Affaire Pegasus – Israël a infiltré les téléphones de militants palestiniens

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Affaire PegasusIsraël a infiltré les téléphones de militants palestiniens

Les portables de six activistes, dont un avocat franco-palestinien ou encore un Américain, ont été infectés par l’Etat, grâce au spyware de l’entreprise NSO.

Photo d’illustration. 

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AFP

Les autorités israéliennes ont infiltré avec le logiciel espion Pegasus du groupe NSO les smartphones de six militants palestiniens dont l’un a la nationalité française, ont indiqué lundi, des groupes de défense des droits humains.

Le 22 octobre, le ministère israélien de la Défense a annoncé avoir placé six ONG palestiniennes, dont al-Haq, Addameer et Bisan, sur sa liste noire en raison de liens supposés avec le groupe palestinien -Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)- considéré comme «terroriste» par l’Etat hébreu, les Etats-Unis et l’Union européenne.

Dans la foulée, l’organisation de défense des droits humains al-Haq, l’une des plus connues dans les Territoires palestiniens, a mandaté le groupe européen Frontline Defenders d’enquêter sur les portables de 75 membres de ces six ONG pour voir s’ils avaient été infectés par le logiciel Pegasus.

Or, dans un rapport rendu lundi, Frontline Defenders, basé en Irlande, a conclu, après contre-vérification avec le Citizen Lab de l’université de Toronto et la cellule digitale d’Amnesty International, que six portables avaient été infectés par ce logiciel.

Parmi ces six, figurent celui de Salah Hamouri, un franco-palestinien avocat pour l’ONG Addameer, dont Israël a retiré récemment le statut de résident permanent de Jérusalem, ouvrant la voie à son expulsion, et celui de l’Américain Ubai al-Aboudi, directeur de Bisan.

Micro activé à distance

Dans un communiqué séparé, Amnesty a confirmé les informations de Frontline Defenders, précisant que les smartphones avaient été piratés «avant» que ces six ONG ne soient qualifiées de «terroristes» par le gouvernement israélien.

Interrogées, les autorités israéliennes se sont refusées à tout commentaire dans l’immédiat.

Le gouvernement américain a placé, la semaine dernière, le groupe israélien NSO sur sa liste noire des entreprises menaçant la sécurité nationale en raison de son logiciel Pegasus qui permet de récupérer les messages, photos, contacts, et d’activer à distance les micros d’un smartphone.

(AFP)

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