Polémique: Israël enquête sur la charge de la police aux obsèques de Shireen Abou Akleh
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PolémiqueIsraël enquête sur la charge de la police aux obsèques de Shireen Abou Akleh

Les images de la police israélienne chargeant les participants aux funérailles de la journaliste américano-palestinienne, vendredi à Jérusalem Est, ont provoqué un tollé international.

La mort de la journaliste américano-palestinienne, tuée lors d’un reportage en Cisjordanie a été condamnée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU et suscité des manifestations, comme ici ce samedi à Londres.

La mort de la journaliste américano-palestinienne, tuée lors d’un reportage en Cisjordanie a été condamnée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU et suscité des manifestations, comme ici ce samedi à Londres.

REUTERS

La police israélienne a annoncé l’ouverture d’une enquête après le tollé international provoqué par l’intervention musclée de ses membres lors des funérailles de la journaliste Shireen Abu Akleh auxquelles ont participé vendredi des milliers de Palestiniens. À la sortie du cercueil de l’hôpital Saint-Joseph à Jérusalem Est, les forces de l’ordre ont pénétré dans l’enceinte de l’établissement et chargé une foule brandissant des drapeaux palestiniens. Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs frappés par des policiers armés de matraques avant d’être rattrapé in extremis, selon des images des télévisions locales.

«Le commissaire de la police israélienne (…) a ordonné une enquête sur l’incident», a indiqué samedi la police dans un communiqué. Elle a répété que les agents «avaient été exposés à la violence des émeutiers, ce qui les a poussés à recourir à la force». La police a accusé la foule de Palestiniens d’avoir empêché le transport du cercueil dans un corbillard, «tel qu’il a été convenu avec la famille».

Le frère de la reporter américano-palestinienne de la chaîne de télé Al Jazeera, Antoun, a toutefois affirmé «qu’aucun accord n’avait été passé avec la police». Il a expliqué que la police lui avait demandé le nombre de participants attendus aux funérailles et qu’elle s’était opposée à tout chant ou drapeau palestiniens. «Nous avons dit à la police que ce serait des funérailles nationales qui ne se limiteraient pas à la famille», a-t-il ajouté.

Des images «choquantes», selon les Nations Unies

Les images de la charge de la police circulant en boucle sur les réseaux sociaux ont provoqué un tollé international. «Nous avons été profondément troublés par les images de l’intrusion de la police israélienne au sein du cortège funéraire», a dit le secrétaire d’État américain Antony Blinken, alors que la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet a parlé d’images «choquantes». L’Union européenne a condamné «le comportement irrespectueux de la police israélienne». La représentation française à Jérusalem a jugé «profondément choquantes» les «violences policières», et l’Espagne a dénoncé comme «inacceptables» le «recours à la force disproportionné».

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 33 blessés et la police israélienne de six arrestations. La foule a pu ensuite accompagner le cercueil vers une église de la Vieille Ville où une messe a été célébrée, puis au cimetière.

Shireen Abu Akleh a été tuée mercredi d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Elle portait un gilet pare-balles siglé «presse» et un casque de reportage. «Le meurtre» de la journaliste de 51 ans a été condamné à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a réclamé «une enquête transparente et impartiale».

Israéliens et Palestiniens se renvoient la faute

L’Autorité palestinienne, la télévision du Qatar Al Jazeera et le gouvernement du Qatar ont accusé l’armée israélienne d’avoir tué la journaliste. Israël, après avoir affirmé qu’elle avait «probablement» succombé à un tir palestinien, a ensuite dit ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats. Israël a réclamé que lui soit remise la balle en vue d’un examen balistique, et proposé que des experts palestiniens et américains soient présents lors de cet examen. Mais le président palestinien Mahmoud Abbas a refusé une enquête conjointe avec Israël. «Nous ne leur faisons pas confiance», a-t-il dit. Mahmoud Abbas a en outre tenu samedi une cérémonie lors de laquelle il a remis une médaille à titre posthume à Shireen Abou Akleh.

(AFP)

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