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Proche-OrientIsraël «finira le travail» à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu jeudi que l'armée «finirait le travail» dans la bande de Gaza, malgré les critiques de l'ONU sur les lourdes pertes civiles palestiniennes.

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(Archives) Un rapport officiel accuse Benjamin Netanyahu d'avoir mal préparé l'armée face aux tunnels du Hamas (mardi 28 février 2017)

(Archives) Un rapport officiel accuse Benjamin Netanyahu d'avoir mal préparé l'armée face aux tunnels du Hamas (mardi 28 février 2017)

AFP
Plus de 2000 Palestiniens sont morts durant la guerre dans la bande de Gaza (Lundi 18 août 2014)

Plus de 2000 Palestiniens sont morts durant la guerre dans la bande de Gaza (Lundi 18 août 2014)

Reuters
(FILES) This file photo taken on March 03, 2015 shows a Palestinian militant from the Islamic Jihad's armed wing, the Al-Quds Brigades, standing in a tunnel, used for storing weapons, as he takes part in military training in the south of the Gaza Strip.Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu appeared on the defensive ahead of a report on February 28, 2017 expected to criticise him and military leaders for insufficiently preparing for attack tunnels in the 2014 Gaza war. / AFP PHOTO / Mahmud Hams

(FILES) This file photo taken on March 03, 2015 shows a Palestinian militant from the Islamic Jihad's armed wing, the Al-Quds Brigades, standing in a tunnel, used for storing weapons, as he takes part in military training in the south of the Gaza Strip.Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu appeared on the defensive ahead of a report on February 28, 2017 expected to criticise him and military leaders for insufficiently preparing for attack tunnels in the 2014 Gaza war. / AFP PHOTO / Mahmud Hams

AFP

Israël est déterminé à «finir le travail» dans la bande de Gaza, a affirmé le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

«Nous sommes déterminés à achever» la destruction des tunnels utilisés par le Hamas pour porter des attaques au cœur de l'Etat hébreu, «avec ou sans cessez-le-feu», a averti Benjamin Netanyahu après l'annonce de la mobilisation de 16'000 réservistes supplémentaires et de la livraison de munitions américaines.

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«Nous n'accepterons donc aucune proposition qui ne permettrait pas à l'armée israélienne de finir ce travail», a-t-il prévenu à l'ouverture du Conseil des ministres, au 24e jour d'un conflit dévastateur. Une mission qui est «une question de jours», a estimé le général en charge du secteur de Gaza, Sami Turgeman.

Avant tout cessez-le-feu, le Hamas qui contrôle l'enclave palestinienne exige un retrait des troupes israéliennes du territoire, un arrêt des frappes et une levée du blocus imposé par Israël depuis 2006.

Après le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, la Haut-Commissaire de l'ONU aux Droits de l'Homme Navi Pillay a condamné les attaques touchant des maisons, des écoles, des hôpitaux et des centres de réfugiés, «qui semblent être un acte de défi délibéré vis-à-vis des obligations résultant du droit international».

Des roquettes sur Israël

L'armée israélienne, qui accuse le Hamas de se servir des Gazaouis comme «boucliers humains», a encore intensifié son offensive, entrant plus profondément dans l'enclave palestinienne d'où les roquettes continuent à être tirées sur Israël.

Jeudi encore, une dizaine de Palestiniens dont deux femmes ont péri dans les bombardements. Au total, plus de 1370 Palestiniens ont été tués, en grande majorité des civils et quelque 7700 blessés, ont indiqué les secours locaux. Plus de 245 enfants figurent parmi les morts selon l'Unicef.

La veille, dans cette étroite enclave où les quelque 1,8 million habitants ne sont nulle part à l'abri, près de 120 Palestiniens ont perdu la vie, l'une des journées les plus meurtrières de cette guerre.

Seize Palestiniens ont été tués quand deux obus ont frappé de plein fouet une école de l'ONU à Jabaliya (nord) où s'étaient abrités environ 3000 Gazaouis.

La chute d'au moins un obus sur un marché de Chajaya, une banlieue de la ville de Gaza, a fauché, selon les secours locaux, 17 Palestiniens et blessé 150 pendant une «fenêtre humanitaire qui avait pourtant été décidée par Israël. Avec des scènes insoutenables de corps mutilés, de morts, de sang.

Drame d'une école

L'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a clairement accusé l'armée israélienne d'être responsable du drame de son école, déplorant la mort d'enfants «tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe». L'armée israélienne a émis l'hypothèse de tirs du Hamas.

L'allié américain, tout en réaffirmant le droit d'Israël à se défendre, a condamné ce bombardement et rappelé l'Etat hébreu à ses obligations en terme de protection des civils, dans un contexte de tension entre les deux pays alliés.

Mais l'administration américaine a aussi accepté une demande de livraison de munitions, le Pentagone répétant l'engagement de Washington à «garantir la sécurité d'Israël».

Dans l'enclave de 360 km 2, soumise à de violents bombardements depuis le début le 8 juillet d'une offensive aérienne israélienne suivie neuf jours plus tard d'une opération terrestre, la situation humanitaire est dramatique.

Pénuries en eau et en vivres

Le chef de l'UNRWA Pierre Krähenbühl, pour qui «220'000 réfugiés dans 85 centres à Gaza, ce n'est pas tenable», a évoqué ses «craintes d'apparition de maladies».

Près d'un Gazaoui sur huit a dû venir s'abriter dans un de ces centres, où les pénuries en eau et en vivres se font durement ressentir.

Le bilan humain de l'offensive «Bordure protectrice» s'approche à grands pas de celui de l'Opération Plomb Durci (2008-2009), le plus meurtrier pour les Palestiniens des quatre principaux conflits entre Israël et le Hamas avec 1440 morts.

Avec 56 morts, l'armée déplore son bilan le plus lourd depuis la guerre contre le Hezbollah au Liban en 2006. Trois des soldats ont péri mercredi, selon l'armée, dans une ancienne clinique de l'UNRWA où débouchait un tunnel qui avait été piégé.

L'armée a indiqué avoir détruit 32 de ces boyaux souvent reliés entre eux, les Israéliens évoquant un «Gaza sous Gaza» d'où le Hamas dirige et mène la bataille.

2800 roquettes comptabilisées

Malgré l'intensification des opérations israéliennes, des roquettes continuent d'être tirées sur Israël. Depuis le 8 juillet, plus de 2800 ont été comptabilisées par l'armée, tuant trois civils, dont un ouvrier agricole thaïlandais.

Jusqu'à présent vaines, les démarches diplomatiques ont repris. Une délégation israélienne est revenue du Caire après une rencontre avec des responsables égyptiens, habituels intermédiaires, et une délégation conjointe des principaux mouvements palestiniens, dont le Hamas, pourrait suivre jeudi.

(AFP)

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