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Proche-OrientIsraël hausse le ton et met en garde l'Iran

L'Etat hébreu a multiplié dimanche les mises en garde contre Téhéran après une attaque d'envergure samedi contre des cibles syriennes et pro-iraniennes.

Benjamin Netanyahu s'est félicité d'avoir porté un «coup sévère aux forces iraniennes et syriennes».

Benjamin Netanyahu s'est félicité d'avoir porté un «coup sévère aux forces iraniennes et syriennes».

Keystone

Les craintes d'un embrasement supplémentaire dans une Syrie déjà ravagée par la guerre se sont renforcées ce week-end après l'attaque d'envergure d'Israël samedi contre des cibles syriennes et pro-iraniennes. L'Etat hébreu a ensuite multiplié dimanche les mises en garde contre Téhéran.

Dans un communiqué, le premier ministre Benjamin Netanyahu s'est félicité d'avoir porté un «coup sévère aux forces iraniennes et syriennes», en référence aux développements de la veille, qui constituent la pire confrontation avec Téhéran depuis le début du conflit syrien en 2011. «Nous continuerons à frapper tous ceux qui tentent de nous attaquer», a-t-il ajouté.

Il a assuré que son pays n'entendait pas changer de stratégie en Syrie, où Israël dit vouloir empêcher une implantation durable de l'Iran et les livraisons d'armes sophistiquées au Hezbollah libanais, allié du président syrien Bachar el-Assad et de Téhéran.

Perte rarissime d'un F-16 israélien

Selon la version israélienne, un drone piloté à distance par des Iraniens basés en Syrie a pénétré samedi avant l'aube dans l'espace aérien israélien, où il a été abattu. En représailles, l'aviation israélienne a attaqué la base «iranienne» d'où était parti le drone.

Un des appareils israéliens ayant participé à l'opération, un F-16, a toutefois été touché par la DCA syrienne, un fait rarissime, avant de s'écraser en territoire israélien. Les deux pilotes ont été hospitalisés. L'un d'eux, grièvement blessé, a été opéré et son état s'est depuis amélioré, selon l'armée. L'aviation israélienne a répliqué en lançant des raids contre une douzaine de cibles syriennes et iraniennes.

Dimanche, les responsables politiques et militaires ainsi que les commentateurs ont tous mis l'accent sur le précédent créé par ces affrontements. «Première confrontation militaire directe entre Israël et l'Iran», «Journée de combat avec l'Iran», ont ainsi titré les quotidiens Maariv et Yédiot Aharanot. Les médias ont aussi insisté sur le fait que le F-16 détruit était le premier appareil israélien abattu depuis la guerre au Liban, en 1982.

«Pas de frontière»

Cet avion a été atteint en territoire israélien par un missile tiré de Syrie, preuve que «les missiles ne connaissent pas de frontière», a relevé sur la radio militaire le général Amnon Ein Dar, de l'armée de l'air.

Selon des experts, le drone intercepté sur le territoire israélien est le premier à avoir été directement guidé par des Iraniens, engagés militairement en Syrie aux côtés du régime. Le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus, a affirmé dimanche que le drone était une copie d'un modèle américain saisi par l'Iran en 2011, selon les analyses des débris.

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël veille à ne pas être aspiré dans ce conflit voisin. Mais, avant samedi, l'Etat hébreu avait déjà frappé des dizaines d'objectifs, positions du régime ou convois d'armes à destination du Hezbollah, mouvement libanais allié de Damas. Parmi les soutiens du régime de Bachar el-Assad figure aussi l'Iran, autre bête noire d'Israël.

Soutien américain «sans faille»

A ce titre, le ministre israélien en charge des Renseignements, Yisrael Katz, a réaffirmé dimanche que son pays n'accepterait «aucune implantation militaire de l'Iran en Syrie». «Nous avons les moyens de savoir tout ce qui se passe en Syrie comme nous l'avons prouvé lors des attaques de samedi. Notre supériorité aérienne est totalement préservée», a-t-il assuré à la radio.

Selon la radio militaire, l'armée israélienne a renforcé ses défenses anti-aériennes dans le nord, face au Liban et la Syrie. L'administration étasunienne de Donald Trump a de son côté exprimé un soutien sans faille à son «fidèle allié». La Maison Blanche a évoqué le «droit à se défendre contre les forces syriennes et les milices soutenues par l'Iran».

(ats)

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