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lIsraël: haute sécurité au match entre le Beitar Jérusalem et un club arabe

JERUSALEM, 29 jan 2013 (AFP) - Le match entre le Beitar Jérusalem et l'équipe du Maccabi Oum el-Fahem, club d'une ville arabe du nord d'Israël, se déroulera normalement mardi soir à Jérusalem, malgré la demande du Beitar qu'il se tienne à huis clos de peur de dérapages racistes, selon la police.

"Le match se déroulera comme prévu en présence des publics respectifs des deux équipes", a indiqué mardi le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. "Des centaines d'officiers de police seront déployés à l'intérieur et à l'extérieur du stade pour éviter tout dérapage, dont des unités spéciales anti-émeutes", a-t-il ajouté. La direction du club avait demandé à la Fédération de football que ce match de coupe d'Israël contre le Maccabi Oum el-Fahem se tienne à huis clos, mais cette demande a été rejetée mardi, selon les médias israéliens. Un noyau dur de supporters du Beitar Jérusalem, connu pour ses débordements racistes, ont protesté samedi, lors du dernier match du club, contre le recrutement de deux joueurs musulmans de la république de Tchétchénie, décidé par le propriétaire du club, Arcadi Gaydamak, d'origine russe. "Si un musulman est intégré à l'équipe, c'est la fin du Beitar Jérusalem", a affirmé un supporter, cité par le quotidien Yediot Aharonot, alors qu'il brandissait samedi une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Beitar, pur à jamais". Le président israélien Shimon Peres, dans une lettre au président de la Fédération en vue du match, a "appelé tous les fans de football à s'abstenir de toute expression ou manifestation de racisme à l'intérieur comme à l'extérieur des stades". "Les récents événements au Beitar Jérusalem doivent être condamnés", a poursuivi M. Peres, selon un communiqué de son bureau, ajoutant que "le racisme a frappé le peuple juif plus durement qu'aucun autre au monde". L'ex-Premier ministre et ancien maire de Jérusalem (1993-2003) Ehud Olmert, fan déclaré du Beitar, a annoncé dans une tribune publiée mardi par le Yediot qu'il n'irait "plus aux matches" du club tant qu'il n'aurait pas "exclu les groupes racistes en les séparant de l'équipe". "Rien ne m'a autant écoeuré que les banderoles des fans du Beitar samedi", écrit-il, dénonçant "le groupe de racistes qui veulent un Beitar pur. Pur c'est-à-dire sans musulmans ni Arabes, soit plus d'un million de citoyens de l'Etat d'Israël", a-t-il rappelé. Les supporteurs du Beitar sont connus pour leur ultranationalisme et leurs fréquents dérapages racistes anti-arabes, qui ont valu de nombreuses sanctions au club. Ils avaient fait scandale en 2007 en conspuant le nom du Premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné en 1995 par un extrémiste de droite. Descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, les Arabes israéliens sont aujourd'hui environ 1,4 million, soit 20% de la population. Exemptés de service militaire obligatoire, ils subissent des discriminations, en particulier en matière de logement et d'emploi. dms/sst/agr/hj/pid

(AFP)

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