Proche-Orient: Israël s’inquiète de la «menace» contre ses ressortissants
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Proche-OrientIsraël s’inquiète de la «menace» contre ses ressortissants

L’État hébreu craint pour la sécurité de ses ressortissants, après l’appel de l’Iran à venger l’assassinat d’une figure clé de son secteur nucléaire.

Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 2 décembre 2020.

Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 2 décembre 2020.

AFP

Le gouvernement israélien a fait état jeudi soir d’une «augmentation» de la «menace» contre ses ressortissants à l’étranger après l’appel de l’Iran à venger l’assassinat d’une figure clé de son secteur nucléaire attribué par Téhéran à Israël.

«À la lumière des menaces récentes d’éléments iraniens (…) nous craignons que l’Iran s’en prenne à des cibles israéliennes», a indiqué le Conseil national de la sécurité qui évoque de possibles attaques contre ses ressortissants dans des pays voisins de l’Iran ou en Afrique.

Les autorités, qui font état d’une «augmentation de la menace terroriste contre les Israéliens à l’étranger», ont nommé, à titre de pays ou régions «proches» géographiquement de l’Iran, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, la Turquie, le Kurdistan irakien, les Émirats arabes unis et Bahreïn. Ces deux pays ont normalisé en septembre leurs relations diplomatiques avec l’État hébreu et des lignes aériennes directes ont été inaugurées la semaine dernière entre Dubaï et Tel-Aviv.

De son côté le chef de la diplomatie israélienne, Gabi Ashkenazi, devait se rendre ce week-end à Bahreïn pour une conférence régionale mais des sources diplomatiques avaient indiqué à l’AFP, juste après les nouvelles menaces de Téhéran contre Israël, que ce déplacement avait été annulé, sans plus de précisions.

Une délégation du Bahreïn a toutefois fait le chemin en sens inverse en complétant jeudi une visite de trois jours à Jérusalem et en Israël au cours de laquelle une série d’accords ont été signés. L’un de ces accords porte sur l’entretien par une société israélienne des avions du transporteur bahreïni Gulf Air qui doivent effectuer dans le futur des liaisons directes entre les deux pays.

Riposte iranienne?

Eminence grise du secteur nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh a été assassiné vendredi dernier dans une attaque près de Téhéran, attribuée par l’Iran à Israël, son ennemi juré. Israël n’a pas officiellement réagi à ces accusations. L’Iran a affirmé que son scientifique avait été victime d’une opération «complexe» impliquant des moyens «complètement nouveaux» et en a accusé le Mossad, les services secrets extérieurs israéliens.

Le président iranien Hassan Rohani avait promis une riposte «en temps et en heure» à cette mort qui intervient à l’heure où les États-Unis, allié clé d’Israël, amorcent une transition du pouvoir avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche en janvier, pour succéder à Donald Trump. Ce dernier, farouchement opposé à l’accord encadrant le programme nucléaire iranien, reste partisan de la doctrine de la «pression maximale» contre l’Iran accusé par l’administration Trump de vouloir se doter de l’arme atomique.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé jeudi Téhéran d’avoir profité de l’accord sur le nucléaire – qui avait permis une levée des sanctions économiques avant qu’elles ne soient rétablies et durcies par Donald Trump – pour «étendre» son influence en Irak, au Yémen et en Syrie.

L’accord sur le nucléaire a laissé le «tigre» sortir de sa «cage», a accusé Benjamin Netanyahu lors d’une discussion en ligne avec le centre d’analyse Hudson de Washington. Le président-élu Joe Biden a quant à lui signalé son intention de reprendre le dialogue avec l’Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a quant à lui appelé jeudi Joe Biden à lever à nouveau les sanctions contre son pays, tout en excluant de renégocier l’accord sur le nucléaire de 2015.

(AFP/NXP)

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