26.04.2015 à 14:55

footItalie - AS Rome, le gâchis de Garcia (COMMENTAIRE)

Par Emmanuel BARRANGUET Rome, 26 avr 2015 (AFP) - Rudi Garcia est en train de torpiller son histoire d'amour avec l'AS Rome: si son équipe continue son inexorable glissade, elle ne se qualifiera même pas pour les barrages de la Ligue des champions.

Un amour de vacances. Le coup de foudre de l'été 2014, les dix victoires d'affilée, et une première saison terminée deuxième derrière l'intouchable Juventus aux 102 points, laisse peu à peu place à la défiance. Battue à deux minutes de la fin à l'Inter Milan (2-1) samedi, pour la 32e journée du Championnat d'Italie, la Roma, 3e, n'a gagné que trois fois lors des matches retours. Garcia n'arrive plus à faire avancer son équipe, sa défense se troue, son attaque ne fait plus peur à personne, et son discours n'a plus d'effet. "Je suis convaincu que la Roma gagnera le scudetto ". Cette petite phrase, prononcée après la défaite au match aller contre la Juventus Turin, le 5 octobre, n'en finit plus de revenir aux oreilles de l'entraîneur français, qui l'a d'ailleurs publiquement regrettée. "La prochaine fois je me tairai", avait-il dit. Au coude à coude avec la "Vieille Dame" jusqu'en décembre, la Roma n'a cessé de reculer, alignant les matches nuls, aux deux sens du terme. Heureusement la défense tient encore un peu le coup, deuxième avec 25 buts encaissés, mais samedi Kostas Manolas est fautif sur le but vainqueur de Mauro Icardi, auquel il a laissé bien trop d'espace sur l'action. Le Grec est pourtant la seule satisfaction d'un secteur qui faisait la force de la Roma l'an dernier, mais Mehdi Benatia est parti au Bayern Munich, et Leandro Castan, opéré au cerveau, a manqué toute la saison. Seule deuxième jusqu'à la semaine dernière grâce à son excellent départ, la "Louve" a peur désormais de finir à la quatrième place. Déjà doublée par la Lazio Rome, son ennemie intime, elle risque de perdre même la place en barrages de C1 au profit de Naples. Manquer la Ligue des champions s'apparenterait à une catastrophe pour la Roma, et l'avenir de Garcia, qui a prolongé jusqu'en 2018, s'inscrirait en pointillé. Le marché des transferts hivernal n'a pas redressé la barre, à l'image de l'achat calamiteux de Seydou Doumbia, payé 16 millions d'euros au CSKA Moscou pour... zéro but. Outre le manque de flair sur le mercato, le sens de la formule de l'ex-Lillois, champion de France 2011, s'est retourné contre lui. Ses changements de discours ne provoquent plus d'étincelles. Après avoir longtemps défendu ses joueurs, il les a attaqués publiquement deux fois, après des nuls d'équipe de zombie contre le Chievo Vérone (0-0) ou, la semaine dernière, l'Atalanta (1-1). Après l'Inter il les a de nouveau défendus. Il est vrai que son équipe n'a pas si mal joué en seconde période, mais son adversaire, Roberto Mancini, l'a battu en mettant tous ses attaquants sur le terrain en fin de partie. Les petites phrases de Garcia qui faisaient les délices de la presse lui reviennent comme des boomerangs. Après son premier derby gagné, il avait dit que la Roma avait "remis l'église au centre du village". Pourtant aujourd'hui la Lazio mène le bal. Tout n'est pas perdu pour Garcia, il reste six matches, dont un nouveau derby crucial à l'avant-dernière journée. L'ex-entraîneur chouchou pourrait bien jouer à quitte ou double sur ce match-là. eba/pgr/adc

(AFP)

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